2e baromètre « Qualité de vie au travail des assistantes maternelles » : les résultats dévoilés

L’Unsa-Fessad et ses partenaires (Unsa-Proassmat et Supnaafam-Unsa) viennent de publier les résultats du second baromètre qualité de vie au travail des assistantes maternelles. Parmi ceux-ci : une satisfaction globale légèrement en baisse par rapport à 2018, date du premier observatoire.

Deux fois plus de participantes qu’en 2018
En février dernier, plus de 200 000 assistantes maternelles ont été invitées à participer au 2e baromètre Qualité de vie au travail via un questionnaire en ligne. 17 000 y ont participé soit deux fois plus qu’en 2018. L’objectif de ce baromètre : avoir une vision très précise de ce qui se passe sur le terrain pour ensuite pouvoir mettre en place des actions. 

Un temps de travail hebdomadaire important
On apprend ainsi que 64% des assistantes maternelles font plus de 40h par semaine et pour 24%, c’est plus de 50 heures par semaine. Le baromètre révèle aussi que pour 1 assistante maternelle sur 2, le temps partiel n’est pas choisi, il est subi. Concernant la rémunération : 53% des assistantes maternelles gagnent moins de 1500 euros nets par mois et 18% moins de 1000 euros. Et près de la moitié (47%) accueillent 4 enfants en simultané. « Pour toucher un salaire décent, explique Liliane Delton de l’Unsa-Proassmat, il faut travailler 40 ou 50h par semaine et accueillir 4 enfants. » Est également mis en lumière tout le « travail invisible » (ménage, courses, temps administratif…) qui lui n'est pas rémunéré.

Un travail éprouvant sur le plan émotionnel
« Même si 83% ont un bon équilibre vie professionnelle/vie privée, l’ensemble des indicateurs relatifs aux conditions physiques et psychologiques du travail sont inquiétants », peut-on lire dans les commentaires du syndicat accompagnant les résultats. En détail : 61% estiment que le travail est éprouvant sur le plan émotionnel, 63% ressentent des douleurs dans le travail, 61% ne s’arrêtent pas si elles sont malades par crainte de perdre leurs contrats et 41% ne se voient pas faire ce travail encore longtemps. Sans surprise, la crise sanitaire a eu un impact fort sur leur charge de travail.

La satisfaction globale légèrement en baisse
Par rapport au 1er baromètre de 2018, la satisfaction globale des assistantes maternelles diminue quelque peu (6,9/10 contre 7,4/10). La qualité de vie au travail n’a quant à elle quasiment pas bougé. En 2021, elle est de 7,1/10 en moyenne. Toutefois, il est noté qu’elle « est perçue en dégradation par 34% versus 9% en amélioration. » Les principaux facteurs de motivation relevés : les relations avec les enfants (78%) et l’autonomie dans l’organisation de leur travail (68%). Dans les facteurs de pénibilité, on retrouve surtout « le manque de reconnaissance » pour 51% d’entre elles. 

Et l’avenir dans tout ça ?
Si 88% veulent continuer à travailler dans la petite enfance, elles étaient 91% à le souhaiter en 2018. Les résultats montrent aussi que 57% des assistantes maternelles n’ont pas confiance « dans l’évolution législative du secteur », dans leur avenir dans la Petite Enfance (40%) et dans leurs perspectives professionnelles (38%). A noter : 60% ne connaissent pas leurs droits liés à la protection sociale et 33% ne connaissent pas leur Convention collective. Enfin, parmi les enjeux d’avenir, on retrouve une plus grande reconnaissance (sociale et professionnelle) de leur métier (78%), « avoir les mêmes protections que les salariés » (73%) et une revalorisation de leur métier au sein des autres modes d’accueil (55%).

Télécharger ci-dessous le pdf du 2e baromètre Qualité de vie au travail
Article rédigé par : Caroline Feufeu
Publié le 17 mai 2022
Mis à jour le 20 juin 2022