Anticor a déposé une plainte visant People&Baby
Vendredi 8 novembre 2024, Anticor a déposé une plainte visant People&Baby devant la procureure de Paris pour détournement de fonds. L’association tenait ce mardi 12 novembre une conférence de presse pour expliquer le contexte de cette action.
«Devant l’inertie des pouvoirs publics, il nous a paru nécessaire d’agir », a affirmé Paul Cassia, président d’Anticor, lors de la conférence de presse que l’association tenait ce mardi 12 novembre. Anticor avait donc convié les journalistes pour annoncer qu’il déposait « plainte concernant la gestion des fonds publics par l’un des acteurs majeurs des crèches privées en France. ». En l’occurrence People&Baby, star du livre de Victor Castanet, les Ogres. A cette occasion l’association avait invité le SNPPE, qui a lancé, il y a quelques semaines un questionnaire auprès des salariés de People&Baby, à venir témoigner.
Les motifs de la plainte déposée par Anticor
L’avocat de l’association a détaillé les nombreux points ayant motivé le dépôt de cette plainte. Et l’énumération, possiblement non exhaustive, a de quoi interpeller :
– Escroquerie (déclaration de chômage partiel pendant le Covid alors même que les salariés du siège travaillaient),
– Détournement de fonds publics par des déclarations de faux taux de présence d’enfants pour toucher plus de subventions, faux devis venant de People&Baby pour des travaux afin de toucher plus de subventions,
– Abus de bien social (location de biens immobiliers par People&Baby via des SCI appartenant au couple Durieux à des montants sans doute supérieures aux valeurs locatives),
– Abus de confiance, entre autres, par la non restitution des dépôts de garanties des familles lorsque leur enfant quitte la structure.
Pour rappel, Anticor est compétent pour porter plainte dans les cas de détournements de fonds publics et d’escroquerie par une personne chargée d’une mission de service public. Ce qui est le cas ici. Les deux autres motifs ont été signalés dans la plainte parce qu’importants… et libre à la procureure de s’en saisir ou non.
Pourquoi Anticor a décidé d’agir
Anticor a décidé d’agir parce qu’il considère que suite aux différentes révélations du livre de Victor Castanet, l’État n’a pas pris ses responsabilités. Les situations décrites dans les Ogres montrent clairement un défaut de contrôle de l’État, estime l’association. Or « chaque euro dépensé par l’État allant vers le secteur privé doit être contrôlé ». Il faut des contrôles effectifs et efficaces car les conséquences humaines de ce défaut de contrôles sont désastreuses. Pour les professionnels et pour les enfants.
Ce qu’ a dit Véronique Escames, co-secrétaire générale du SNPPE
« Nous attendons que cesse enfin l’injustice dans le secteur de la petite enfance. Les pouvoirs publics ne peuvent plus ignorer ce que nous dénonçons depuis des années et que Victor Castanet a mis en lumière, preuves à l’appui. Qu’on mette fin à la maltraitance institutionnalisée des professionnels, régulièrement menacés et intimidés dès qu’ils osent prendre la parole. Que les groupes privés, dont l’unique objectif est de maximiser leurs profits sur le dos des travailleurs et des enfants, soient écartés s’ils ne respectent pas les règles. Il est temps de faire le ménage.
Trop de professionnels souffrent en silence, leur voix écrasée par la machine du profit. Le droit du travail doit être appliqué dans toute sa rigueur ! Qu’on en finisse avec les pratiques de contournement qui permettent à ces groupes de se soustraire aux obligations légales. Les structures de La Maison Bleue sont des exemples criants de ce système : chaque établissement est une entité distincte, évitant ainsi l’obligation d’organiser des élections syndicales.
Les enfants méritent bien plus que des profits comptables ; ils ont besoin d’un environnement où leur bien-être prime. Nous réclamons des professionnels formés, compétents et traités avec respect, pour assurer aux plus jeunes un accompagnement digne. Nous exigeons un encadrement adapté, refusons l’utilisation des apprentis pour combler les effectifs et demandons que les voix de ceux qui sont sur le terrain soient enfin écoutées. ».
Puis la co-secrétaire générale du SNPPE a lu trois témoignages exemplaires au sens propre du terme envoyés par des salariés de People & Baby, illustrant la façon dont les droits des salariés dont bafoués et dont ils sont menacés par leur direction s’ils avaient des velléités de témoigner. Ces témoignages sont publiés sur le site du syndicat.
Catherine Lelièvre
PUBLIÉ LE 12 novembre 2024