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À Tours, Cispeo Petite Enfance accompagne les parents en insertion professionnelle

Finaliste au prix de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), l’association Cispeo Petite Enfance déploie des solutions d’accueil pour soutenir les parents en recherche d’emploi. En 2023, la structure a soutenu près de 300 familles précaires à Tours et ses environs.

Avant 2002, CISPEO (Citoyenneté Insertion Sociale et Professionnelle Enfance tOuraine) était connu sous le sigle CEFMT (Centre d’Enseignement Familial et Ménager de Touraine). Mais sa mission n’a guère changé : l’association continue d’œuvrer en faveur de l’insertion sociale et professionnelle des personnes les plus vulnérables. C’est de là que la « petite sœur » est née : « En accompagnant des parents solos dans leur recherche d’emploi, nous avons vite compris que le manque de solutions de garde était un frein », commente Aurélie Dupont, directrice déléguée à la Petite Enfance. En somme, il fallait offrir du temps et de la disponibilité à ces parents afin qu’ils puissent se libérer pour une formation, un entretien, un examen du permis du conduire… En 2007, CISPEO a donc engendré CISPEO Petite Enfance, une entité qui délivre des solutions d’accueil adaptées et un accompagnement parental rapproché.

La micro-halte l’Eclair’Cie dédiée aux femmes en situation de précarité

CISPEO Petite Enfance met à disposition plusieurs lieux d’accueil collectif, pour des enfants âgés de 10 semaines à 6 ans, dont le cinquième vient tout juste d’ouvrir ses portes. En effet, au printemps 2024, après Confetti, l’Îlot castors, Le jardin d’Alice et La Petite Gabare, c’est la micro-halte l’Eclair’Cie qui est venue compléter l’offre de l’association. La structure donne la priorité aux femmes de plus de 26 ans, résidentes des Quartiers Politique de la Ville (QPV), sur prescription d’un travailleur social. « Il s’agit d’un projet unique et spécifique qui axe l’accueil des jeunes enfants jusqu’à 4 ans pour soutenir les mères seules dans leur retour à l’emploi », explique Aurélie Dupont depuis Tours.

La directrice déléguée à la Petite Enfance tient également à indiquer que les aides financières de la CAF et de la Cité de l’Emploi ont participé à ce lancement. En 2025, l’enjeu est de taille : il faudra trouver un moyen de pérenniser l’existence de cette micro-halte. L’association y croit : « On ne se laisse pas le choix, on est convaincu que le projet de ce lieu d’accueil répond aux besoins de l’enfant et de sa famille », assure la directrice.

Un système d’accueil à domicile aux larges créneaux horaires

Toujours pour permettre aux familles de concilier vie professionnelle et vie privée, CISPEO Petite Enfance a également imaginé un système d’accueil individuel à domicile pour les parents aux horaires atypiques. Bout’Chou service qui les soulage chez eux : « Nous avons tenu à ce que l’enfant soit accueilli dans son environnement », souligne Aurélie Dupont.

Des auxiliaires petite enfance, principalement diplômées du CAP AEPE, sont disponibles sur des plages horaires de quatre heures du matin à minuit. « Nos auxiliaires de famille travaillent aussi sur nos lieux d’accueil collectif, ce qui offre un repère aux enfants, qui tissent plus facilement des liens dès lors que les deux types d’accueil doivent être mis en place dans leur quotidien », précise la directrice. L’an passé, 68 familles ont eu recours à Bout’Chou service, dont 56 familles monoparentales et 36 bénéficiaires du RSA. Le service propose également un temps de répit parental pour ceux dont les enfants sont en situation de handicap.

Des espaces de soutien pour renforcer les liens familiaux

En parallèle des solutions d’accueil, CISPEO Petite Enfance développe des lieux d’accueil enfants-parents (LAEP), « dont l’objectif est de renforcer le travail sur l’accompagnement à la parentalité », déclare Aurélie Dupont. Ainsi, Lilobulles, Bulles de plumes et Déam’Bulles sont des espaces de rencontres pour les futurs parents, les parents, et les enfants de moins de six ans. Une façon de rompre l’isolement dont souffrent parfois les familles. « La seconde structure a d’ailleurs été conçue en situation de post-Covid, un soutien était nécessaire pour les familles », souligne la directrice déléguée à la Petite Enfance, qui ajoute que « Déam’Bulles, dernière structure ouverte, s’adresse quant à elle aux personnes primo-arrivantes et réfugiées, dans une démarche d’aller-vers ».

Au sein de ces trois lieux, les compétences des parents sont valorisées grâce à l’échange ou le jeu. « Une dynamique collective est impulsée dans le but de les encourager dans leurs fonctions parentales parfois altérées par leur situation précaire », explique Aurélie Dupont. Bien évidemment, des professionnels sont présents et interviennent selon les besoins. Ils sont également à même de rappeler aux parents toutes les solutions d’accueil disponibles. Un véritable fil rouge se tisse pour une prise en charge globale.

Une nomination remarquée au prix ESS

Finaliste du prix ESS, qui récompense chaque année des entreprises ou organisations de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), CISPEO Petite Enfance n’a pas décroché la première place mais ses initiatives ont largement été remarquées et saluées. En plus des lieux d’accueil qui accomplissent un travail formidable, bien d’autres besoins sont couverts par l’association aux 109 salariés, à savoir le dispositif Globe-Trotteur qui permet aux familles de trouver un accueil en urgence chez une assistante maternelle, ou encore la création du projet « Un enfant accueilli, un emploi retrouvé », plateforme qui fournit un accompagnement personnalisé aux parents en faisant le pont entre leurs problématiques et toutes les solutions existantes chez CISPEO. A l’été 2024, ce nouveau service recensait déjà 44 sollicitations après six mois d’existence.

Caroline Michel

PUBLIÉ LE 11 décembre 2024

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