Henri Catherin, d’infirmier à RSAI : son parcours épanouissant en petite enfance
À bientôt 30 ans, Henri Catherin est référent santé et coordinateur RSAI chez Crescendo, groupe de crèches associatives. Arrivé en tant qu’infirmier, il a gravi les échelons : infirmier central, puis RSAI depuis mars 2024. Il nous raconte son quotidien à cent à l’heure.
Infirmier de formation, Henri Catherin s’est tourné vers la petite enfance un peu par hasard à la fin de ses études. Après deux stages concluants, il comptait s’orienter vers la psychiatrie, mais une offre d’emploi dans une crèche l’a alors interpellé. « J’étais assez curieux de savoir quel était le rôle d’un infirmier en crèche, explique-t-il. C’est un milieu que je ne connaissais pas du tout, dont on nous parle très peu au cours de notre formation. Entre la psychiatrie et la petite enfance, il y a un grand écart, mais j’avais envie d’essayer.» I
Infirmier en crèche, un peu par défi…
En 2019, il est embauché en tant qu’infirmier mutualisé, il intervient alors dans cinq crèches et découvre un nouvel univers loin des soins hospitaliers. Le jeune infirmier y prend rapidement goût. « J’ai eu la chance d’être accompagné par des responsables avec qui le courant est tout de suite passé, confie-t-il. Chaque crèche est différente. Il n’y a pas du tout cet aspect routinier que l’on connaît à l’hôpital. L’infirmier a vraiment un rôle clé dans la structure, il s’assure que les enfants vont bien, que les professionnels sont formés et que les pratiques d’hygiène sont respectées. On se sent vraiment utile.»
D’infirmier mutualisé à infirmier référent
En mars 2022, Henri Catherin prend le poste d’infirmier référent. Un nouveau défi pour le jeune homme qui se laisse cependant le temps de la réflexion. « Le nouveau poste impliquait que je me sépare de deux de mes établissements, ce qui n’était pas facile parce que j’avais créé du lien avec les enfants et les professionnels, mais j’ai fini par accepter ». Il continue à intervenir dans trois structures tout en ayant des responsabilités au siège.
Il participe désormais activement à l’élaboration des protocoles en matière d’hygiène, santé et même sécurité. Il est aussi en lien avec les différents prestataires qui livrent les produits d’entretien, les repas, etc. Henri Catherin aide ponctuellement les autres crèches en lien avec la responsable qualité et le médecin central. « Si une crèche rencontre une difficulté particulière sur la sphère hygiène santé, elle peut me solliciter. Nous avons 55 structures, donc il faut être réactif, organisé, pour ne pas passer à côté d’un sujet important.» Pour le jeune infirmier, aucun jour ne se ressemble.
Aujourd’hui, RSAI pour 18 EAJE
En mars 2024, Henri Catherin devient Référent Santé et accueil inclusif (RSAI) pour 18 établissements. Il n’intervient plus alors directement sur le terrain. Dans les structures sans infirmière, « c’est assez simple, je vais au plus important : vérifier l’hygiène de la structure, m’assurer que les enfants sont à jour de leur vaccination, former les professionnels… », explique-t-il. En revanche, « l’enjeu, quand il y a un infirmier et un RSAI sur une même crèche, est de bien différencier les missions de chacun, en s’adaptant au fonctionnement de la structure puisque chaque établissement est différent. Et d’ailleurs, toutes ne bénéficient pas du même nombre d’heures d’intervention du RSAI.»
Henri Catherin insiste sur « la nécessité de bien articuler ses interventions avec le reste de l’équipe et d’être soi-même identifié comme une personne-ressource par les responsables d’établissement. » La communication est également la clé. « Il n’est pas toujours facile de communiquer avec justesse et de s’assurer que chacun a le bon niveau d’information. Je suis le premier à faire parfois des erreurs », reconnaît-il.
Sur la sphère handicap et l’accompagnement des enfants à besoin spécifique, s’appuie sur une psychomotricienne référente et une référente pédagogique. Il peut faire appel à des partenaires extérieurs comme le CAMSP ou la PMI et se faire aider par la plateforme Petite Enfance et Handicap – Egaldia qui accompagne les familles.
Une charge de travail conséquente
Les missions du RSAI sont nombreuses et le nombre d’heures allouées faible. Henri partage le même constat que nombre de professionnels. « Je suis assez lucide, la création de cette fonction de RSAI a aussi été motivée par des intentions financières, observe-t-il. On réduit les médecins de crèches au profit des RSAI qui ont moins de qualifications.» Il ajoute : « Aujourd’hui, cela devient très rare qu’un de nos médecins RSAI puisse faire une auscultation d’un enfant, recevoir une famille pour faire un bilan pendant une heure. Ils n’ont plus le temps.»
Donner du sens
Malgré une charge de travail qui augmente d’année en année, Henri reste motivé et passionné par son métier. « Il y a du sens dans ce que je fais tous les jours, ça me porte, ça nous porte. Nous avons cette volonté avec mes collègues de continuer à faire du mieux qu’on peut avec les moyens qu’on nous donne. Il y a un vrai désir de faire de la qualité au niveau collectif. C’est vraiment appréciable. » Comme souvenir marquant, l’infirmier évoque en souriant un projet de réaffectation des infirmières des structures en juillet 2023. « Il s’agissait d’assurer la continuité du pôle des infirmières dans une période de changement. J’ai réussi à mener ce projet sans perdre aucune professionnelle sachant qu’on leur demandait à chacune de faire évoluer leur travail. Cela me rend très fier ».
PUBLIÉ LE 29 janvier 2025