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Tribune Libre

Nos crèches souffrent : parents, mobilisons-nous pour les tout-petits.

Par Mathilde Lapostolle, mère de deux enfants à l'origine de la pétition « crèches en détresse»

Je suis une maman, comme tant d’autres, qui jongle entre travail et famille.

Dans un monde dans lequel les parents travaillent le plus souvent avant le premier enfant, il doit y avoir des solutions d’accueil adaptées aux touts petits, avant l’âge de l’école.

Mais lorsque j’ai voulu inscrire mon deuxième enfant en crèche, j’ai découvert une réalité bien différente.

En 2021, j’avais obtenu assez facilement une place en crèche publique pour mon premier enfant. Deux ans plus tard, en 2023, lors de mon rendez-vous avec l’adjointe à la petite enfance de mon quartier, on m’a expliqué que les choses avaient radicalement changé. En seulement deux ans, la situation s’était dégradée à une vitesse alarmante : pénurie croissante de professionnels, démissions en chaîne… Résultat : obtenir une place en crèche était devenu un véritable parcours du combattant.

J’ai malgré tout eu la chance d’obtenir ce sésame. Quelques mois plus tard, plusieurs démissions donnaient lieu à une réorganisation d’horaires. Journées raccourcies, fermetures anticipées – et des parents, comme moi, forcés d’adapter leur vie professionnelle, parfois en dernière minute. C’est dans ce contexte que j’ai pris conscience de l’ampleur du problème.

J’ai eu une forme de déclic. Qui parle pour nous, parents ? Les professionnels se battent depuis longtemps pour dénoncer cette crise, mais notre voix, celle des familles, semble absente du débat public. C’est pourquoi j’ai décidé d’agir et de lancer une pétition.

Chaque jour, je vois ces professionnelles qui prennent soin de ma fille avec patience et dévouement, malgré des conditions de travail indignes. Comment accepter qu’elles soient si peu reconnues, alors qu’elles ont entre leurs mains les premières années de nos enfants ?

Par ailleurs, comment accepter de creuser des inégalités contre lesquelles nous nous battons depuis plusieurs décennies ? Car le sujet de la garde des enfants en bas âge est profondément lié à des enjeux de société bien plus larges :

  • L’égalité hommes femmes : lorsque les solutions d’accueil font défaut, c’est encore majoritairement les femmes qui doivent sacrifier leur carrière.
  • L’égalité des chances: les premières années de vie sont cruciales pour le développement des enfants. Si les crèches ne peuvent plus jouer leur rôle, les inégalités sociales se creusent dès la petite enfance, avec des répercussions à long terme.

J’ai donc proposé à d’autres parents de nous mobiliser aux côtés des professionnels pour exiger rapidement des mesures concrètes pour un accueil digne des tout petits:

  1. Mise en place de conditions de travail décentes pour les professionnels
  • Revalorisation des salaires pour attirer et fidéliser les talents.
  • Amélioration du taux d’encadrement, avec plus de professionnels pour s’occuper des enfants.
  • Accès prioritaire des professionnels de la petite enfance aux logements sociaux proches de leur lieu de travail, pour limiter l’épuisement lié aux transports.
  • Création de programmes de reconversion vers les métiers de la petite enfance, avec des aides publiques pour inciter à la formation.
  • Mise en place d’un soutien réel aux familles face à la pénurie
  • Extension du congé maternité à 6 mois, partagé entre les deux co-parents, afin de limiter la pression sur les crèches dès les premiers mois de l’enfant.
  • Priorisation des familles monoparentales pour l’attribution des places en crèche, afin de ne pas les laisser sans solution.

La prochaine étape consistera à interpeller la haute-commissaire à l’enfance et les députés.

Cette crise ne concerne pas uniquement les professionnels de la petite enfance. Elle impacte toutes les familles, aujourd’hui et demain.

Signez la pétition, partagez-la, parlez-en autour de vous ! Ensemble, faisons en sorte que nos enfants et ceux qui en prennent soin aient la place qu’ils méritent dans notre société.

Par Mathilde Lapostolle, mère de deux enfants à l'origine de la pétition « crèches en détresse»

PUBLIÉ LE 15 mars 2025

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Une réponse à “Nos crèches souffrent : parents, mobilisons-nous pour les tout-petits.”

  1. Sonia Ulrich dit :

    Les problèmes ne touchent pas uniquement les crèches. D’autres solutions de garde existent avec des horaires différents que celui des crèches. Nous travaillons dans une MAM du lundi au vendredi de 7h30 à 18h et nous avons des difficultés pour remplir .
    Je pense quil serait intéressant en tant que parents, de voir TOUTES les propositions de garde pour ses enfants.

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