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Vote de la CNAF : 5M€ pour le soutien à la qualification des professionnels
C’était, mardi 7 juillet, le dernier CA de la CNAF avant les vacances et l’ordre du jour était chargé… Sans surprise, les administrateurs ont donné un avis défavorable (avis consultatif) à la nouvelle version du projet de décret « microcrèches » suite à la décision du Conseil d’État le retoquant partiellement et ont voté une série mesures de soutien à la qualification des professionnels de la petite enfance, dont les grandes lignes avaient été présentées et approuvées lors du CA du 19 mai dernier.
Dans la note préparatoire au vote des mesures de soutien à la qualification des professionnels de la petite enfance, la CNAF rappelle le contexte de pénurie renseigné par sa derrière enquête (13 700 ETP manquants en 2024) et explique que « dans ce contexte, la branche Famille propose de se mobiliser dans le cadre d’un soutien renforcé, mais ponctuel aux efforts de qualification des professionnels ».
Un soutien renforcé et ponctuel aux crèches PSU
Ce soutien financier de la CNAF réservé aux gestionnaires de crèches financées par la PSU est mobilisé grâce au budget rectificatif du FNAS 2026 et au budget 2027.
La note précise que la CNAF souhaite que cet engagement :
– soit limité dans le temps, soit jusqu’à la fin de la présente COG
– puisse faire l’objet d’un suivi et d’une évaluation
– ne minore pas les responsabilités pesant sur les employeurs, les OPCO et l’ensemble des acteurs organisant la formation initiale et professionnelle dans les régions.
Et il est noté : « Dès lors, il n’est pas envisagé de financer de manière directe les OPCO ou des formations […] ».
1,5M€ annuels pour soutenir la VAE et 3,5M€ pour l’aide à l’alternance et à l’apprentissage pour 2026/2027
5 M€ au total seront donc consacrés à la qualification des professionnels du secteur, avec des dispositifs spécifiques pour la VAE et pour l’alternance.
En ce qui concerne la VAE
Quand un professionnel de catégorie 2 entame une VAE vers un diplôme de catégorie 1.
Il est proposé que les CAF puissent compenser l’absence de professionnels engagés dans une VAE pour obtenir un diplôme de catégorie 1, au-delà du congé légal (48h) destiné à la préparation d’un dossier et d’une soutenance de VAE. Une mesure qui concerne notamment les programmes d’accompagnement individuel ou collectif, ou les stages nécessaires pour valider certains modules. Cet appui financier doit permettre le remplacement du professionnel concerné ou de compenser le moindre accueil des enfants durant cette période.
Dans le premier cas, pour percevoir cette aide d‘un montant de 100€ par jour, le gestionnaire devra justifier :
– de l’inscription du salarié dans une démarche de VAE et de sa participation, le cas échéant, à des sessions d’accompagnement ; de l’absence de travail dans la structure et du remplacement par un autre professionnel ; de l’accord des 48h de congés légaux ; du maintien du salaire du professionnel durant ses temps de préparation de VAE et de l’absence de pose de congés.
Dans le deuxième cas, pour les gestionnaires, ne parvenant pas à remplacer leur salarié, la compensation s’effectuera en « heures exceptionnelles PSU ». Ainsi le gestionnaire pourra déclarer les heures correspondant au contrat d’accueil des enfants qu’il n’aura pas pu accueillir et devra prouver l’absence des enfants, le maintien du salaire du professionnel et la non-facturation des familles.
• Pour les professionnels qui participeraient à des jurys de VAE.
Quand un professionnel fait partie d’un jury de VAE, l’aide de la CNAF sera de 190€ par jour, à condition que le gestionnaire puisse prouver : la participation du salarié au jury de VAE, l’absence au travail, le maintien de son salaire les jours de jury et l’absence de pose de congés. Si le gestionnaire n’a pu remplacer son salarié absent, la compensation se fera éventuellement en heures exceptionnelles de PSU selon les mêmes conditions qu’évoqué ci-dessus.
En ce qui concerne l’alternance et l’apprentissage
Il s’agit de favoriser l’accueil de stagiaires, d’alternants ou d’apprentis et là encore, les mesures proposées par la CNAF ne concernent que les futures catégories 1. L’aide forfaitaire proposée est 2500€ pour chaque contrat d’alternance ou d’apprentissage ou chaque stage long (rémunéré dans le cadre du diplôme d’EJE). L’idée de cette aide limite le reste à charge du gestionnaire.
Par ailleurs, pour chaque tuteur ou maitre maître d’apprentissage mobilisé, le gestionnaire recevra 500€ par an. L’idée : valoriser et mieux reconnaitre le travail de « formation par transmission ». Cette somme versée au gestionnaire pourrait devenir une prime pour l’encadrant de l’alternant ou de l’apprenti. Pour en bénéficier le gestionnaire devra inscrire le salarié à une formation de tuteur d’alternant ou de maitre d’apprentissage.
Ces mesures votées ce jour par le CA de la CNAF ne régleront pas d’un coup de baguette magique les problèmes de pénurie, mais elles y participeront. Selon la CNAF, elles pourraient permettre le recrutement de 3500 professionnels. Mieux que rien pour certains, « une goutte d’eau dans l’océan » pour d’autres.
Catherine Lelièvre
PUBLIÉ LE 07 juillet 2026