Attention : les matelas des enfants contiennent des produits chimiques nocifs
Une récente étude alerte sur des substances présentes dans les matelas pour enfants, dont certaines sont déjà connues pour perturber le système endocrinien ou affecter les fonctions cognitives.
Les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables aux substances chimiques présentes dans l’environnement. Leur peau plus fine, le fait de mettre des objets en bouche et la durée de leur sommeil les exposent davantage aux polluants présents dans leur espace de repos. Une étude canadienne récente alerte sur la présence de composés organiques semi-volatils (SVOC) dans les matelas pour enfants. Ceux-ci peuvent migrer dans l’air et la poussière présente, contaminant l’environnement de sommeil.
Des matelas pleins de substances préoccupantes
Les chercheurs ont analysé l’air ambiant, l’environnement immédiat de sommeil (SME) et le matelas de 25 enfants âgés de 6 mois à 4 ans. Ils y ont détecté plus de 30 SVOC, notamment des phtalates (utilisés pour assouplir les plastiques), des retardateurs de flamme et des filtres UV. Ces substances ne sont pas liées chimiquement aux matériaux, ce qui facilite leur libération dans l’air et leur dépôt sur la peau, les draps et les jouets. Le TCPP (un retardateur de flamme), certains phtalates comme le DiBP et des filtres UV comme le benzophénone-3 ont été retrouvés en quantités particulièrement importantes dans les matelas, suggérant que ceux-ci sont une source majeure d’exposition.
Un environnement de sommeil plus pollué que l’air ambiant
Les concentrations de ces polluants étaient souvent plus élevées dans le SME que dans l’air de la chambre, ce qui indique une exposition accrue lorsque l’enfant dort ou joue sur le lit. Les différences significatives pour certaines substances confirment que les matelas– surtout s’ils sont anciens ou protégés par des alèses contenant du plastique – relâchent des composés chimiques qui s’accumulent autour de l’enfant. La présence de draps, oreillers, peluches et autres textiles augmente encore cette pollution, car ces objets agissent comme des réservoirs ou sources secondaires de SVOC.
Des risques sanitaires connus, mais encore mal réglementés
Certaines substances retrouvées (comme le DEHP, le DnBP ou le TDCiPP) sont reconnues pour leur lien avec des problèmes respiratoires, hormonaux ou neurologiques. Si certaines réglementations existent déjà au Canada et en Europe, elles restent souvent incomplètes ou insuffisamment appliquées.
L’étude appelle à renforcer les normes sur les matelas pour enfants et à mieux informer les familles et les professionnels de la petite enfance. En attendant, des gestes simples comme limiter les objets dans le lit, laver régulièrement les textiles et choisir des produits certifiés sans substances toxiques peuvent contribuer à réduire l’exposition.
Source : Vaezafshar, S., Diamond, M. L., Lestari, F., et al. (2024). Children’s Sleeping Microenvironments as a Source of Semi-Volatile Organic Compounds (SVOCs): Measurements in Canadian Homes. Environmental Science & Technology.
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 02 mai 2025