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Attractivité du métier d’assistante maternelle : le plaidoyer de l’Anamaaf et de la Casamaaf

L’Anamaaf (Association Nationale des Assistants Maternels Assistants & Accueillants Familiaux) et la Casamaaf (Confédération Associative Syndicale des Assistants Maternels, Assistants et Accueillants Familiaux) viennent de rendre publique une contribution apportant des pistes de solutions pour « relancer l’attractivité du métier d’assistant maternel et de l’accueil individuel ».


Après un communiqué publié le 14 mars dernier revendiquant la création non pas d’un service public de la petite enfance mais d’un service public de l’enfance placé sous l’égide d’un nouveau Ministère de l’Enfant, l’Anamaaf et la Casamaaf viennent de diffuser leur contribution, rédigée dans le cadre du groupe de travail pénurie des professionnels de la petite enfance du Comité de filière. Elles y expliquent les raisons de la désaffection pour le métier d’assistante maternelle et exposent 19 propositions pour le revaloriser.


Les multiples raisons du manque d’attractivité du métier

Dans leur plaidoyer, les deux organisations pointent tout d’abord du doigt les « freins à l’entrée dans le métier ». D’une part, selon elles, ce métier est perçu « comme un revenu d’appoint » et donc pas comme une vraie profession nécessitant des connaissances et compétences et, d’autre part, la procédure administrative pour obtenir l’agrément est « longue, fastidieuse et coûteuse ». Puis, elles abordent les « freins à l’exercice ». Parmi lesquels : une durée hebdomadaire de travail conséquente, une faible rémunération, l’augmentation des cas de salaires impayés, le coût de l’accueil individuel pour les familles, un métier peu valorisé par les institutions, une profession exclue du Code du travail… De fait, de nombreuses assistantes maternelles quittent aujourd’hui la profession.


Les préconisations de l’Anamaaf et de la Casamaaf pour revaloriser l’accueil individuel


1. La reconnaissance avec un vrai changement de dénomination du métier par « accueillant jeune enfant »

2. La réintégration dans le code du travail de toutes les dispositions relevant de ce code avec les particularités dérogatoires liées à la durée du travail et au système de rémunération

3. L’intégration des professionnels en qualité d’agents contractuels de la fonction publique territoriale et hospitalière pour ceux employés par les personnes morales de droit public avec ouverture de tous les droits attenants (CNFPT – grille indiciaire – mutuelle – protection sociale etc…)

4. Accélérer et alléger les procédures d’agrément, en multipliant les réunions et les sessions de formations, rémunérer la formation obligatoire à l’obtention de l’agrément

5. Augmenter les aides à l’installation et permettre l’inclusion de travaux pour obtenir l’agrément, augmenter les aides de l’IRCEM, permettre aux personnes déjà agréées d’en bénéficier pour réinvestir dans le matériel neuf, et ce, sans conditions de revenus

6. Étudier plus précisément le rapport entre candidats à l’agrément assistant aux RIPA/agréments délivrés

7. Rendre obligatoire la formation sur le temps de travail et donner les moyens aux professionnels de se former sans stress, l’accueil des enfants étant garanti par un relais

8. Réformer le CMG

  • en le revalorisant pour permettre un reste à charge similaire pour n’importe quel type d’accueil
  • en supprimant le plafond journalier pour prendre en compte les contrats de plus de 8h/jour et permettre une revalorisation des salaires
  • sans plafond horaire qui pénaliserait à l’inverse du plafond journalier l’accès des parents aux besoins de contrats courts- supprimerait la majorations des heures complémentaires, supplémentaires- ou pour l’accueil d’un enfant malade/porteur de handicap.


9. Modifier le système déclaratif PAJEMPLOI pour que la validation de la déclaration mensuelle soit obligatoirement bipartite

10. Corriger la défiscalisation des heures complémentaires et supplémentaires sur les bulletins PAJEMPLOI

11. Supprimer l’application « Mon PAJEMPLOI au quotidien »

12. Recadrer les missions de PAJEMPLOI et les RPE en interdisant leur ingérence dans les contrats de droit privé, seule la DIRRECTE est compétente et peut informer les parties et intervenir

13. Limiter dans le temps l’inscription dans les crèches, afin que le parent renouvelle sa demande chaque année pour limiter le départ en cours d’accueil vers un accueil collectif, ce qui va parfois à l’encontre de l’intérêt de l’enfant

14. Permettre la présomption d’innocence

15. Rendre systématique la remise d’un rapport écrit suite à une visite de la PMI dans un court délai

16. Dissocier l’obtention/le suivi/ le retrait de l’agrément par un organisme indépendant et neutre

17. Le renouvellement d’agrément doit être une procédure allégée de la demande initiale, ce qui n’est pas toujours le cas selon les départements

18. Permettre aux professionnels d’avoir un salaire constant malgré des accueils variables, avec un salaire horaire minimum légal de 0.350 SMIC.

19. Encourager et faciliter la rupture conventionnelle entre les parties prévue par le Code du travail


Télécharger ci-dessous la contribution

Contribution de l’Anamaaf et de la Casamaaf
https://lesprosdelapetiteenfance.fr/sites/default/files/attractivitei_du_meitier_groupe_de_travail_penurie_des_professionnels_petite_enfance-6-04-2023_.pdf

C.F.

PUBLIÉ LE 07 avril 2023

MIS À JOUR LE 15 mai 2023

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