Autisme chez l’enfant : un marqueur neurologique permet de mieux le détecter

Une étude américaine a permis d’identifier un marqueur neurologique chez les personnes atteintes d’autisme. Cette avancée médicale pourrait permettre aux professionnels de santé de détecter la maladie dès le plus jeune âge.

Environ une naissance sur cent dans le monde est touchée par les troubles du spectre de l’autisme (TSA), des troubles neurodéveloppementaux qui touche principalement la communication socioémotionnelle. Certains enfants vont présenter des symptômes autistiques très tôt dans leur développement ou un retard global. Pour une meilleure prise en charge, il est important que la maladie soit dépistée dès le plus jeune âge. Pour cela, parents et professionnels doivent pouvoir être capable de repérer les premiers signes, bien qu’il soit difficile d’établir un diagnostic parfaitement sûr.

Mais cela pourrait très prochainement changer grâce à un nouveau marqueur neurologique de la maladie qu’ont identifié des chercheurs de Dartmouth aux États-Unis. Selon une étude publiée le 15 août 2019 dans la revue Current Biology, ce marqueur non verbal et objectif démontre que les personnes souffrant d’autisme sont plus lents à passer d’une image à une autre. 

Un diagnostic sûr dans 87% des cas

Des études sur l’autisme avaient déjà été menées à Dartmouth. Ces dernières ont montré que le cerveau d’un autiste met plus de temps à passer d’une image à l’autre à cause de différences dans la transmission des neurones inhibitrices dans le cerveau. C’est ce qu’on appelle la rivalité binoculaire ralentie : le neurotransmetteur a des difficultés à filtrer et réguler les signaux sensoriels. 
Après avoir obtenu ces résultats, les chercheurs ont voulu aller plus loin en tentant de mesurer la rivalité binoculaire chez les individus autistes dans leur nouvelle étude des IRM.
Lors des tests, les scientifiques ont présenté aux patients des damiers rouges du côté de l'œil gauche et des damiers verts du côté droit, clignotant d'avant en arrière à des rythmes différents. Ils ont alors réussi à déterminer avec 87% d’exactitude s’ils étaient atteints d’autisme ou non. Plus le cerveau des individus étaient lent à passer d’une image à une autre, plus leur taux de rivalité binoculaire était bas.

Mieux détecter l’autisme chez les enfants qui ne parlent pas encore

Caroline Robertson, directrice de l’Initiative sur la recherche sur l’autisme explique qu’ « il est difficile de diagnostiquer l’autisme chez les enfants quand les premiers signes sont présents. Un clinicien entraîné pourrait être capable de détecter l’autisme à 18 mois ou même plus jeune, mais l’âge moyen du diagnostic aux Etats-Unis est d’environ quatre ans ». Ce nouveau marqueur permettant de détecter l’autisme sur les individus ne pouvant pas encore parler est donc une avancée considérable pour mieux diagnostiquer la maladie. La prochaine étape des scientifiques sera de savoir si ce test pourrait être potentiellement utilisé pour détecter l’autisme chez les enfants qui ne parlent pas encore et les adultes muets, et le développer pour en faire un outil de diagnostic pour la maladie. « En attendant, ces résultats nous donnent de nouveaux éclairages sur la façon dont un cerveau autiste fonctionne, montrant les régions visuelles cérébrales affectées", conclut Caroline Robertson. 

Selon l’Inserm, en France, 700 000 personnes seraient atteintes d’autisme dont 100 000 âgées de moins de 20 ans. L’âge moyen du diagnostic se situerait autour de deux ans.

Pour aller plus loin :
Autisme : détecter les premiers signes chez le tout-petit
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Article rédigé par : L.B.
Publié le 20 août 2019
Mis à jour le 20 août 2019