Baisse des naissances : l’Unaf demande une relance de la politique familiale
Si la fécondité est en baisse en France, le désir d’enfant reste quant à lui fort. Selon l’Union Nationale des Associations Familiales (UNAF), ce phénomène pourrait être enrayé par une relance de la politique familiale.
Fécondité en baisse et désir d’enfant stable
Depuis maintenant six ans, la fécondité diminue en France. Ainsi, « en France métropolitaine, il naît désormais 100 000 enfants de moins qu’il y a 10 ans et le total des naissances (de l’ordre de 700 000) n’a jamais été aussi bas depuis 1945 ». Et, sur les onze premiers mois de 2020, on comptabilise 13 000 naissances en moins qu’en 2009. Et pourtant, une étude de l’Unaf révèle que les Français ont toujours envie de faire des enfants et que le nombre idéal est stable depuis 9 ans : « En moyenne, les personnes interrogées veulent, ou auraient voulu, 2,39 enfants soit 0,58 enfant de plus que le nombre d’enfants qu’ils déclarent avoir eu jusqu’à présent et 0,56 enfant de plus que l’indice conjoncturel de fécondité Insee actuel ». L’enquête de l’Unaf s’attache donc à comprendre les raisons qui empêchent les personnes à avoir le nombre d’enfants réellement souhaité, car selon elle c’est « tout notre système de protection sociale qui est mis en péril si cette courbe des naissances n’est pas inversée. »
Les conditions matérielles, la conciliation vie familiale/vie pro et la politique familiale en cause
Bien entendu, avant de concevoir un enfant, les personnes souhaitent généralement avoir une stabilité financière (leur permettant notamment d’avoir un logement adapté) et professionnelle (pour au moins l’un des membres du couple). Or, l’Unaf note que « depuis quelques années, tout concourt à fragiliser la situation financière et professionnelle des parents. » Elle explique ainsi que la conciliation vie professionnelle/vie familiale est mise à mal tant pour les mères que pour les pères. Les causes ? Une offre d’accueil des jeunes enfants insuffisante et la réduction de la durée d’indemnisation individuelle des congés parentaux. L’Unaf ajoute également que les jeunes accèdent de façon plus tardive à un emploi stable. De plus, elle souligne que « le système de prestations et de prélèvements est de moins en moins favorable aux parents » et déplore notamment toutes les coupes dont la politique familiale a fait l’objet. Elle cite entre autres : « le raccourcissement de l’indemnisation du congé parental, le décalage de la prime de naissance, les diminutions ou gels des allocations familiales, le durcissement des conditions de ressource pour les aides à la garde d’enfant, les plafonnements répétés du quotient familial… » L’Unaf affirme donc que cette instabilité n’encourage pas la réalisation du désir d’enfant. Et Marie-Andrée Blanc, Présidente de l’Unaf conclut ainsi : « Au travers d’une relance de la politique familiale, il s’agit de redonner confiance aux parents, de leur apporter un soutien concret et stable dans la durée et de faciliter la conciliation vie familiale, vie professionnelle en y impliquant aussi le monde du travail. »
Voir le dossier de presse de l’Unaf
C.F.
PUBLIÉ LE 19 janvier 2021
MIS À JOUR LE 14 juin 2021