Communiqué du Comité de filière Petite Enfance : pourquoi la FNEJE a voté CONTRE

Comme nous l’expliquions jeudi dernier, le communiqué de presse du Comité de filière a finalement été voté dans la souffrance. 18 votes exprimés sur la trentaine de membres appelés à voter sur le projet initial et les 50 amendements déposés. 14 POUR et 3 Contre. Parmi ces derniers, la FNEJE qui s’en est expliqué dans un communiqué publié vendredi.

La FNEJE rappelle d’abord qu’aucun des amendements qu’elle avait proposés n’a été retenu et qu'elle a donc décidé « en l’état du contenu du communiqué, de voter contre ce communiqué car il contient des orientations qui vont encore dégrader la qualité d’accueil au seul argument de régler rapidement la question douloureuse de la pénurie des professionnels de la petite enfance. » Puis le communiqué détaille les points de désaccord.

4 points de désaccord importants
• La FNEJE contrairement à ce qui est énoncé « n’approuve pas les évolutions réglementaires récemment décidées et en cours de déploiement opérationnel ». En clair, la FNEJE s’est toujours opposée à la réforme des modes d’accueil ( loi ASAP ).
• La FNEJE « désapprouve l’idée de confier à̀ une « Start up d’État », en l’occurrence l’entreprise REVA le soin de faire valider des VAE d’EJE ou d’auxiliaire de puériculture en 3 mois. Devenir EJE, c’est devenir travailleur social spécialiste de la petite enfance, notre diplôme ne peut pas s’acquérir en 3 mois de VAE. »
•  Elle n’est pas d’accord non plus sur « le dispositif « insertion dans l’emploi/Petite enfance – 2022-2023 », protocole signé par Brigitte Klinkert, ministre déléguée à l’insertion, et Adrien Taquet, secrétaire d’Etat chargé de l’Enfance et de la Famille en mars 2022.
• Enfin, La FNEJE désapprouve l’idée de développer à minima une formation certifiant « petite enfance » de niveau 5, et a «maxima une gamme complète de formations certifiantes « petite enfance » correspondant aux différents métiers du secteur, dans une logique « métiers » complémentaire à la logique « diplômes » mais tout autant exigeante en termes de respect des besoins fondamentaux du jeune enfant et donc de qualité d’accueil. » Cette disposition si elle était opérationnelle aurait pour conséquence à moyen terme de faire disparaitre nos diplômes de la petite enfance, précise-t-elle.

La question des rémunérations
La FNEJE conclut son communiqué par une interrogation sur la référence aux rémunérations : «  proposer des rémunérations appropriées, cohérentes et soutenables à l’échelle du secteur, en s’engageant autant que de besoin dans des trajectoires de revalorisations salariales soutenues par la collectivité. »
« Que signifie « cohérentes et soutenables ? », demande la FNEJE « Est-ce à dire qu’il est facile de trouver des millions pour soutenir des entreprises mais pas pour les professionnels de la petite enfance. « Soutenues par les collectivités » peut-il signifier aux collectivités qu’elles vont devoir supporter seules la hausse des salaires alors que depuis des années les dotations aux collectivités locales baissent drastiquement ?»
Pas d’accord avec les propositions, mais d’accord pour poursuivre le travail. La FNEJE ne désertera pas les groupes de travail mais continuera de faire entendre sa voix, ses convictions et revendications pour défendre « les intérêts des jeunes enfants, de leurs familles et des professionnels ».

Voir notre article sur les propositions du Comité de filière Petite Enfance

 
Article rédigé par : C.L
Publié le 03 juillet 2022
Mis à jour le 08 juillet 2022