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Coût des modes d’accueil : l’Unaf tire la sonnette d’alarme !

Dans sa dernière enquête publiée fin septembre 2024, l’Unaf (Union nationale des associations familiales) s’est intéressée au coût des modes d’accueil et son impact sur le mode de vie des parents. 


L’Unaf a réalisé cette enquête dans un contexte de crise du secteur de la Petite enfance tant pour les parents que les professionnels alors que « les données sur le coût des modes d’accueil collectif ou individuel ne sont plus documentées depuis 10 ans, alors que les aides publiques ont été rabotées et que le contexte économique s’est aggravé », précise le communiqué. Pour comprendre l’impact sur le quotidien des familles, l’Unaf a interrogé 600 parents en ligne entre avril et mi-mai 2024. 


Premier constat : le coût de l’accueil constitue une préoccupation importante, quel que soit le niveau de ressource. 65 % d’entre eux indiquent que celui-ci a joué sur le choix du mode d’accueil de leur enfant. Et plus d’un parent sur deux a réduit le nombre d’heures d’accueil de son enfant pour en limiter le coût. Et cela a impacté leur organisation puisque la moitié des parents ont modifié leurs horaires de travail. La dépense moyenne des foyers s’élevait à 625 euros avant toutes aides financières, et 337 euros toutes aides déduites, selon les données de la DREES de 2013.  Et c’est trop ! 43 % des parents trouvent les modes d’accueil trop coûteux par rapport à leurs ressources. Côté ressources justement, la majorité des sondés (36,7%) estime que « c’est juste il faut faire attention ». Pour 30,7 % : « ça va ». Par ailleurs, l’enquête indique que 74,6% des parents font garder leur enfant entre 30 et 50 heures par semaine.


Un impact sur la natalité

Plus d’un tiers des parents indiquent que le coût actuel du mode d’accueil de leur enfant est de nature à différer ou renoncer à l’arrivée d’un autre enfant. Plus les ressources du foyer sont faibles, plus le report ou le renoncement à un projet d’accueillir un autre enfant est important. « Dans un contexte de chute des naissances et de pression sur le pouvoir d’achat, et de mise en œuvre d’un « Service public de la petite enfance », les parents de jeunes enfants ne comprendront pas que faire garder leur enfant, donc leur propre possibilité de travailler, devienne inabordable.», alerte l’Unaf. 


Face à ce constat, l’Unaf demande au préalable « que la DREES mène et publie une enquête détaillée du reste à charge dans différentes configurations de famille et d’emploi : elle demande en particulier que la réforme annoncée du CMG « emploi direct » pour septembre 2025 soit suspendue et que ses paramètres et impacts détaillés soient présentés et mis en débat ». Pour rappel, cette réforme prévoit d’harmoniser les restes à charge des familles entre accueil individuel et accueil collectif, en 2025. Si les représentants des assistantes maternelles s’étaient dit plutôt satisfaits, bien que s’inquiétant d’éventuelles familles perdantes. Le PLFSS pour 2023 prévoyait justement dans son article 34 un complément différentiel. Mais cette mesure ne satisfaisait pas encore les associations. Les simulations présentées lors du PLFSS pour 2023 indiquait 43 % de bénéficiaires perdants. « Nous ne connaissons pas l’impact financier de cette réforme et nous avons demandé à plusieurs reprises des éléments chiffrés, nous indique l’Unaf. Les simulations ne suffisent pas.» 

Candice Satara

PUBLIÉ LE 15 octobre 2024

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