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Crèches en détresse : le cri d’alerte d’une mère de famille, un appel à la mobilisation des parents

Dans une pétition publiée sur Change.org, Mathilde Lapostolle, mère de deux jeunes enfants, alerte sur les difficultés du secteur de la petite enfance. « Comment accepter que nous confions ce que nous avons de plus précieux – nos enfants – à un système à bout de souffle ? », écrit-elle. La pétition, en ligne depuis le 19 février, a déjà recueilli près de 18000 signatures.

En quelques jours la pétition Crèches en détresse – parents, mobilisons-nous ! a réuni plus de 14 000 signatures. Un record.  À l’origine du texte, une mère de famille parisienne dont la petite dernière est actuellement accueillie en crèche municipale. « Chaque matin, je dépose mon enfant de 1 an à la crèche avec un mélange de soulagement et d’inquiétude, écrit-elle. Soulagement, parce que j’ai eu la chance d’avoir une place. Inquiétude, parce que je vois à quel point les équipes se battent pour tenir, malgré des conditions de plus en plus dures. »

La jeune femme nous confie avoir découvert la situation lorsqu’elle a voulu inscrire son deuxième enfant en crèche. « Lorsque j’ai rencontré l’adjointe petite enfance de mon quartier, j’ai observé un véritable changement de discours par rapport à 2020, à l’époque de mon fils. Elle m’a expliqué que les professionnelles démissionnaient à tour de bras, que le système était à bout de souffle. Quelques mois plus tard, ma fille est entrée à la crèche et récemment les horaires ont dû être réorganisées par manque de personnel ».

Porter la voix des parents

La mère de famille a un déclic, elle sait que ce combat est porté par de nombreuses associations de professionnels, mais les parents sont absents. « La voix des parents me semblait peu entendue et pas organisée, c’est la raison pour laquelle j’ai lancé la pétition, explique-t-elle. Je ne pouvais pas rester sans rien faire. Je vois ces personnes qui s’occupent de ma fille tous les jours, je me dis que ce n’est pas possible qu’elles soient à ce point déconsidérées alors que leur mission est fondamentale ».

Parmi les revendications détaillées dans la pétition, de nombreuses sont déjà portées par les collectifs et associations à l’instar de l’amélioration du taux d’encadrement. Voici quelques unes des mesures présentes dans la pétition :

  • Revalorisation des salaires et amélioration des conditions de travail
  • Réduction du nombre d’enfants par professionnel, actuellement trop élevé (1 adulte pour 5 enfants en moyenne, contre 1 pour 3 recommandé)
  • Accélération de la formation et du recrutement des professionnels avec des incitations financières.
  • Lancement d’un programme de reconversion vers les métiers de la petite enfance, avec des aides à la formation.
  • Étendre le congé maternité à 6 mois avec une indemnisation attractive, comme en Suède où le taux de natalité et d’emploi féminin est supérieur à celui de la France.

La jeune femme avoue ne pas connaître tous les rouages du secteur, mais estime qu’il faut un réveil de la société sur le sujet que celui-ci « passe aussi par les parents ».

Les prochaines étapes de la mobilisation

La pétition comporte un modèle d’e-mail pour interpeller les députés. Elle sera également transmise au futur haut-commissaire à l’enfance. L’étape suivante ? L’organisation d’une délégation de parents et de professionnels pour porter les revendications directement aux responsables politiques. Depuis le 19 février, déjà 17 835 personnes ont signé la pétition.

Candice Satara

PUBLIÉ LE 28 février 2025

MIS À JOUR LE 05 mars 2025

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5 réponses à “Crèches en détresse : le cri d’alerte d’une mère de famille, un appel à la mobilisation des parents”

  1. Hélène Quentin dit :

    Bonjour,j’ai beaucoup d’admiration pour le personnel de crèche qui fait ce qu’il peut pour fournir un travail de qualité malgré la charge élevé de travail.Dommage que la plupart des crèches auxquelles je postule ne me contacte pas au vu de mes 50 ans et mes 18 mois d’expérience en crèche et 3 ans en tant qu’assistante maternelle.je déplore ça pourtant ,je suis agile et patiente avec les petits.

  2. Huguette SCHOENAHL dit :

    EJE de formation en 77 , ancienne présidente des EJE sur Mulhouse
    Militante depuis toutes ces années et encore actuellement
    AUTOENTREPRISE (facebook leptitquilit)
    Formatrice et Intervenante en litterature jeunesse
    Festival RAMDAM de littérature jeunesse Wittenheim
    Mediatheque Wittenheim (BABY BOUQUINS)
    J’ai eu la chance de travailler dans toutes les structures de la petite enfance et je n’ai jamais voulu m’arrêter même si cela n’a pas toujours été facile
    Je suis choquée de voir ce qui se passe actuellement dans les crêches notamment micro crêches et crêches privées
    Je suis ravie de voir que des Parents se mettent à soutenir la Profession
    je peux vous dire que je me bats depuis si longtemps pour qu’enfin on reconnaisse ce travail, qu’on le valorise tant financièrement que professionnellement
    c’est honteux de voir ce que nous gagnons, si j’avais travaillé pour mon salaire, j’aurai arrêté depuis longtemps car ma retraite après 48 Ans de travail (un arrêt normal pour mes deux naissances et un petit mi temps à la fin de ma carrière) je touche 9OO, – Euros (inadmissible)
    je défis qui que ce soit de travailler avec des bébés, jeunes enfants tous les jours pour finir avec une retraite de la sorte. Alors, il serait vraiment grand temps qu’on y porte son attention sinon il n’y aura plus personne pour vouloir prendre vos enfants en charge. MERCI A VOUS, Une EJE Passionnée toujours à l’aube de mes 73 ANS

    • Valerie Martin dit :

      Bonjour, ce travail devrait être plus payé

    • Jessica Lucarelli dit :

      Bonjour J’ai désinscrit ma fille de 10 mois du jour au lendemain de la micro-crèche dans laquelle elle était . Après seulement quelques mois, j’ai reçu des remarques et des critiques sur mon rôle parental, ma manière d’être avec mon enfant, les produits pour nourrissons que j’utilise qui sont « inadaptés », ou même la manière dont je nourris ma fille qui n’était pas « comme il fallait »… Ma fille allait à la crèche 3 jours par semaine, mais, selon eux :
      – ce n’était pas suffisant pour qu’elle s’adapte
      – il faudrait que je mette de la distance avec ma fille car j’en suis trop proche.
      – et ma fille « se sent inutile sans la présence d’un adulte » ainsi « qu’oppressée par les autres enfants »…
      En revanche, ils n’ont jamais remis en question leur manière d’être et leur manière de faire avec ma fille, mais l’état dans lequel je la récupérais le soir, ainsi que leurs rapports journaliers en disaient long :
      – joues rouges : sieste dehors en plein hiver (en dehors d’une période de balade)
      – Érythèmes fessiers : couches pleines chaque soir où je la récupérais
      – Repas pris à des heures inadaptées : (petit-dej chez nous à 7h15) en crèche 10h30 repas du midi puis 14h le goûter (repas du soir chez nous à 19h) – LEURS RAISONS : « nous ne pouvons pas donner les repas aux mêmes horaires pour tous les enfants »
      – D’après eux : ils n’ont que 30 minutes dans une journée pour accorder du temps à ma fille qui n’a que 10 mois. Lorsqu’elles mettaient ma fille sur le tapis d’éveil elles avaient ordre de ne pas l’aider, donc comme ma fille ne savait pas aller à 4 pattes elles la laissaient pleurer durant de nombreuses minutes.
      Je me suis aussi retrouvée plus d’une fois devant la crèche, le soir, à l’heure habituelle où je la récupérais, portes clauses, sans avoir été prévenue qu’ils partaient en balade.
      Résultats de seulement 5 mois d’inscription dans cette structure :
      – ma fille partait en pleurs les 3 matins par semaine durant lesquels elle y passait la journée
      – Ces jours-là, je la récupérais en pleurs, fatiguée, énervée,…
      – Et les professionnels de santé l’ont jugée « stressée »
      Comment peux-t-on rendre une enfant de 10 mois stressée?
      La Directrice de la crèche nous a dit que la nourriture que nous dénions à notre fille était inadapté pour son âge et n’était pas bonne (ce sont des petites pots pour bébé acheté en pharmacie et grandes surfaces)
      Elle nous a également dit que comme notre fille n’allait pas à 4 pattes pour 10 mois qu’elle avait donc un problème moteur.
      Je trouve cela inadmissible d’autant plus qu’elle n’a pas déclaré à la caf les deux semaines où ma fille a été à la crèche et ne veut pas nous réduire le préavis. Nous devons actuellement 3200 euros à la crèche et sans aides.

  3. Nathalie Brieau dit :

    Bonjour,
    Je travaille en crèche (privée, il y a des crèches en France, en Allemagne, je crois en Angleterre et aux Etats unis).
    Nous devons prendre soin des enfants bien sûr, les sécuriser, inventer des animations, les soigner,intervenir en cas d’urgence. Je gagne le SMIC. Nous nous battons pour avoir nos droits (remboursements delà carte Navigo), demander un congé ok, à voir si il est accordé. Travailler pour ce salaire est dur (la porte est là vous comprendrez). La considération elle est où. Des conditions de travail il faut voir. Tout ça peut être amélioré. Comment prendre soin correctement de nos jeunes enfants sans un salaire correct ? J’aime mon métier et je l’ai choisi, d autres ont abandonné ou craqué. Bonne journee

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