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Etude de la Drees : ce sont majoritairement les mères qui adaptent leur vie professionnelle aux besoins de la famille.

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) vient de publier une nouvelle étude autour du genre et de la parentalité, appuyée sur l’enquête Modes de garde et d’accueil des jeunes enfants de 2021. Elle tente d’analyser les inégalités de genre au sein des couples, concernant leur situation d’emploi, leur organisation familiale et met en évidence, sans surprise, que l’articulation entre vie familiale et professionnelle au sein des couples repose toujours principalement sur les mères. 


Bien souvent, les parents sont contraints d’ajuster leur équilibre professionnel pour s’occuper de leurs enfants. En étudiant le champ des familles hétéro-parentales avec enfants de moins de 6 ans, l’enquête Modes de garde et d’accueil du jeune enfant (2021) met en évidence que pour 42% des familles, ce sont les mères qui se sont éloignées du marché de l’emploi, tandis que la situation inverse est bien plus rare (8%). Pour 31% des mères qui ne travaillent pas à temps plein, c’est un choix fait pour des raisons liées aux enfants, contre 5% des pères. Et parmi l’ensemble des couples, 16% des mères (contre 4% de pères) déclarent être sans emploi pour s’occuper de leurs enfants.  


La catégorie sociale a un impact important sur l’emploi des mères 

L’étude constate également que les pères et les mères font face à des difficultés d’articulation entre vie familiale et vie professionnelle plus ou moins marquées selon leur catégorie sociale. L’étude des données révèle que la part des couples où la mère est plus éloignée de l’emploi que le père diminue avec l’élévation de la catégorie sociale. Les mères employées ou ouvrières exercent moins souvent à temps complet (44%) et sont plus souvent sans emploi (62%), que les mères cadres ou de professions intellectuelles supérieures, qui exercent plus souvent à temps complet (74%) ou à temps partiel (58%). Des rémunérations plus faibles et des conditions d’emploi plus contraignantes peuvent justifier que les mères aient moins de scrupules à quitter leur activité professionnelle pour garder leur enfant elles-mêmes. 


Les mères pallient l’absence de mode d’accueil 

Enfin, quand les parents ne trouvent pas de solution d’accueil, ce sont surtout les mères qui freinent leur activité ou optent pour un congé parental souvent non choisi. Selon l’étude de la Drees, 18% des couples avec enfant de moins de 3 ans gardent leur jeune enfant alors que leur premier choix aurait été une solution d’accueil extérieure. Et dans ce cas, ce sont principalement les mères qui assurent. 


Des situations d’emploi plus souvent similaires au sein des couples

Cependant, l’étude note que, depuis 2002, les situations d’emploi sont de plus en plus souvent similaires au sein des couples, avec un investissement des mères plus fort dans le monde professionnel, mais peu de changement du côté des pères… Bien que l’égalité femme-homme soit encore loin, c’est une évolution qui concerne toutes les catégories sociales, mais semble, plus rapide dans les catégories sociales élevées. 


Retrouvez cette étude sur le site de la Drees

L.Y

PUBLIÉ LE 04 mars 2024

MIS À JOUR LE 10 juin 2024

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