Étude : les convulsions pourraient être à l’origine de morts subites inexpliquées du nourrisson
Une étude américaine, publiée récemment dans la revue Neurology, évoque le rôle de brèves crises convulsives pour expliquer les décès subits de nourrissons.
Malgré l’identification de certains facteurs de risque pour les décès de nourrissons, l’incidence aux États-Unis est restée inchangée depuis deux décennies. En 2021, plus de 2 900 enfants de moins de 4 ans sont décédés subitement, la plupart étant des nourrissons. Les facteurs de risque comprennent la prématurité, l’insuffisance pondérale à la naissance et d’autres éléments liés à l’environnement de sommeil. Pour rappel, dans notre pays, Santé Publique France évalue à 250 à 350 le nombre d’enfants victimes chaque année de la mort subite du nourrisson, les 3/4 des cas survenant avant l’âge de six mois. Pour comprendre l’origine des morts subites du nourrisson, l’étude a exploré des vidéos provenant de caméras installées dans la chambre ou sur le berceau de 7 enfants décédés pendant leur sommeil.
Des convulsions 30 mn avant la mort subite des nourrissons
L’étude, basée sur un registre de plus de 300 cas de mort subite inexpliquée chez les enfants (SUDC), a été menée par des chercheurs de la NYU Grossman School of Medicine. Ils ont analysé en détail les dossiers médicaux et les enregistrements vidéo fournis par les familles pour documenter la mort de sept tout-petits âgés de 1 à 3 ans. Ces décès, apparemment inexpliqués, ont été potentiellement attribués à des crises convulsives de moins de 60 secondes, se produisant dans les 30 minutes précédant immédiatement le décès de chaque enfant. Des recherches antérieures avaient montré que les enfants décédés subitement et de manière inexpliquée étaient 10 fois plus susceptibles d’avoir eu des convulsions fébriles que les enfants qui ne mouraient pas soudainement et de manière inattendue. Des convulsions fébriles sont également notées dans un tiers des cas de morts subites inexpliquées enregistrées à NYU Langone Health. Dans l’étude présente, un seul enfant en bas âge avait des antécédents de convulsions fébriles. L’autopsie réalisée sur les enfants de l’étude n’avait révélé aucune cause spécifique de décès.
L’étude, bien que petite, fournit la première preuve directe que les convulsions pourraient être responsables de certaines morts subites chez les enfants, soulignant la nécessité de recherches supplémentaires pour déterminer la fréquence des crises dans les décès durant le sommeil chez les tout-petits, ainsi que chez les nourrissons, les enfants plus âgés et les adultes. Les résultats soulignent l’importance de la vidéo dans l’investigation des décès liés à la mort subite du nourrisson.
Source : www.neurology.org
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 08 janvier 2024
MIS À JOUR LE 10 juin 2024