Etude : les enfants moins touchés par le Covid-19 que les adultes, mais plus contaminants

Publiée dans The Lancet, une étude récente met en lumière la contagiosité des enfants. Malades moins gravement que les adultes du Covid-19, ils transmettraient davantage l’infection au sein de la cellule familiale.

L’étude, menée rétrospectivement dans la ville berceau de l’épidémie, a analysé la transmission du Covid-19 au sein de 27 101 foyers - par foyer ils entendaient un groupe de personnes d’une même famille ayant des contacts, mais n’habitant pas nécessairement sous le même toit - entre le 2 décembre 2019 et le 18 avril 2020. Pour mener à bien leurs travaux, les auteurs de l’étude ont étudié les cas contacts des personnes testées positives au Covid-19 (confirmés en laboratoire ou cliniquement) et des personnes asymptomatiques confirmées en laboratoire.

Les 2-5 ans moins sensibles
La capacité du virus à atteindre les enfants et les adolescents était proche de celle des adultes âgés de 40 ans ou plus. En revanche, s’ils avaient autant de chance d’avoir des symptômes que les adultes, les cas symptomatiques chez les enfants et les adolescents étaient moins graves que chez les personnes âgées de 60 ans ou plus. Il n’y avait concernant la pathogénicité et la gravité de la maladie, aucune différence entre les deux sexes. Les chercheurs ont constaté que les individus âgés de 60 ans ou plus étaient le plus à risque d'infection par le SARS-CoV-2. Chez les enfants, les nourrissons de moins d’un an avaient plus de risque d'être infectés que ceux entre 2 et 5 ans, moins à risque que les 6-12 ans. Ces nouvelles données pourraient changer la donne concernant l’intérêt de la vaccination des enfants s’il s’avérait que les vaccins bloquent la transmission. En France, les enfants d’âge scolaire sont plutôt considérés comme ayant une faible contagiosité.  

Les enfants plus propagateurs de l’infection
Les chercheurs ont trouvé que les moins de 20 ans étaient 60% plus susceptibles d’infecter d’autres membres du foyer que leurs ainés de 60 ans et plus. Les cas diagnostiqués cliniquement étant moins infectieux que les cas confirmés en laboratoire. Par ailleurs, et c’est plutôt rassurant, les chercheurs ont estimé que les personnes atteintes d'infections asymptomatiques étaient environ 80% moins susceptibles d'infecter d'autres personnes que les cas symptomatiques

Les auteurs ont insisté également sur l’effet positif de l’isolement des cas positifs et de la mise en quarantaine des cas contacts pour diminuer la transmission au sein des foyers touchés par la maladie.  

Source : The Lancet
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Article rédigé par : Isabelle Hallot
Publié le 25 janvier 2021
Mis à jour le 25 janvier 2021