S’abonner

Etude : l’impact de la crise sanitaire sur l’immunité des enfants inquiète des pédiatres

La pandémie de covid-19 a impacté l’immunité des enfants. Dans une récente étude, des médecins français s’inquiètent d’un possible rebond des maladies infantiles.


Les mesures barrières, la distanciation sociale et le confinement mis en place pour lutter contre la propagation du Covid-19 ont limité la transmission du SARS-CoV-2 – c’est une bonne chose – et fait chuter le nombre d’infections infantiles comme par exemple la varicelle ou les bronchiolites. Revers de la médaille, moins de maladies infantiles entraîne un manque de stimulation immunitaire et une augmentation des personnes « sensibles ». Cette « dette immunitaire » comme l’appellent les pédiatres pourrait avoir des conséquences sur les enfants quand la pandémie sera sous contrôle et que les gestes barrière disparaitront. Ce rebond épidémique pourrait être majoré par le retard dans le programme de vaccination sans rattrapage efficace, et du fait que le calendrier vaccinal français n’inclut pas certains vaccins comme ceux contre le rotavirus, la varicelle, Neisseria meningitidis sérogroupe B et Neisseria meningitidis sérogroupe ACYW. Dans une étude publiée dans la revue Science Direct fin août, un groupe de pédiatres français s’interroge.


La varicelle en question

Pour rappel, en France le vaccin contre la varicelle – due au virus varicelle-zona- n’est pas obligatoire. La forme contractée pendant l’enfance est dans l’immense majorité des cas bénigne et la grande majorité de la population s’immunise naturellement durant l’enfance. Ainsi 90 % des adolescents en sont immunisés. Les auteurs de l’étude précisent que « l’apparition tardive de la varicelle, après la puberté, est associée à une plus grande sévérité, justifiant la recommandation de vacciner les individus de plus de 12 ans qui ne l’ont pas encore contractée dans les pays où la vaccination générale des tout-petits n’est pas mise en œuvre ». En 2020, avec le confinement, les gestes barrière et la distanciation sociale, le nombre de cas de varicelle a diminué de 60% par rapport aux autres années. En raison du caractère inévitable de la varicelle, les jeunes enfants qui auraient dû contracter la varicelle en 2020 vont s’ajouter à la population dite « sensible » susceptible de s’infecter et contribueront à une incidence plus élevée de la varicelle dans les années à venir. De plus, la population qui n’a pas eu la varicelle en 2020 aura « vieilli » et cela pourrait entraîner un plus grand nombre de cas graves et compliqués. 


Elargir le calendrier vaccinal français ?

La vaccination contre la varicelle est recommandée pour des populations à risque de faire des formes sévères. Les pédiatres de l’étude suggèrent d’élargir ces recommandations. En effet, la vaccination contre cette maladie protège autant que la protection acquise suite à l’infection et pourrait éviter un rebond épidémique. C’est d’ailleurs déjà le cas aux Etats-Unis, au Canada, Italie et Israël. L’élargissement du calendrier vaccinal pourrait aussi être étendu aux vaccins contre le rotavirus, et Neisseria meningitidis sérogroupe B et ACYW. « Enfin, pour les maladies pour lesquelles il n’existe pas de vaccin, un dépistage rapide, un renforcement opportun des mesures d’hygiène et une adaptation des systèmes de santé doivent être mis en œuvre. »


Autres conséquences de la pandémie

L’adoption prolongée des mesures barrières, confinement etc. et la réduction des maladies infectieuses pourraient être responsables, selon la théorie dite hygiéniste, d’un déséquilibre du microbiote intestinal et de la survenue associée de pathologies allergiques et auto-immunes. En outre, alertent les auteurs, l’immunité innée qui s’établit chez les enfants particulièrement exposés aux infections virales dans les premières années pourrait être moins stimulée suite aux mesures barrière. Or plusieurs études suggèrent que la stimulation fréquente de l’immunité innée booste son efficacité. A la clé, un risque potentiel d’une plus grande susceptibilité aux infections chez les petits. 


Source : www.sciencedirect.com

 

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 06 septembre 2021

MIS À JOUR LE 13 janvier 2023

Ajouter aux favoris

Laisser un commentaire