Etude suédoise : attention aux vieux jouets en plastique !
Des chercheurs de l’Université de Göteborg ont testé 157 jouets différents et articles de puériculture et déguisements, 54 neufs et 103 anciens. 84 % des vieux jouets se sont avérés contenir des produits toxiques à risque pour la santé des enfants à un taux dépassant les limites admises actuellement.
Notre époque promeut l’économie circulaire pour lutter contre le gaspillage. Ce n’est peut-être pas une si bonne idée que cela pour ce qui concerne les jouets en plastique. L’étude publiée par les chercheurs suédois dans le Journal of Hazardous Materials Advances montre qu’une majorité d’entre eux peuvent – et c’est aussi le cas pour les vieux déguisements- contenir des produits chimiques toxiques pouvant entrainer des cancers, endommager l’ADN ou perturber les futures capacités de reproduction des enfants.
Des substances dangereuses surtout dans les jouets de seconde main
Les produits chimiques étaient retrouvés dans 83,5% des jouets anciens. Ils comprenaient des phtalates et des paraffines chlorées à chaîne courte (PCCC) utilisés comme plastifiants et retardateurs de flamme dans les jouets. Si actuellement la juridiction européenne réglemente la quantité de ces substances dans les jouets afin de protéger la santé et la sécurité des enfants (limites fixées 0,1 % pour les phtalates et à 0,15 % pour les PCCC) ce n’est pas le cas des anciens jouets et matériel de puériculture achetés antérieurement à la législation. Pour certains jouets les concentrations de phtalates constituaient plus de 40% du poids des jouets.
Pour ce qui concerne les jouets récents, 29,6% d’entre eux dépassaient également la limite.
Les enfants en première ligne
Les enfants présentent un risque élevé d’exposition à ces toxiques car ils passent de nombreuses heures à jouer et mettent facilement les objets à leur bouche. Or ils sont plus sensibles que les adultes aux substances chimiques. En cause leur plus faible rapport surface/volume, l’immaturité de leurs organes et de leur système rénal et hépatique.
Des conséquences sur la santé
L’exposition aux phtalates même à faible taux durant la petite enfance peut avoir des effets négatifs sur la santé avec notamment des anomalies du développement, un impact sur la fonction thyroïdienne, un risque accru d’allergies et d’eczéma, le développement du diabète et d’obésité, des résultats cognitifs et comportementaux défavorables et des risques accrus de cancer.
De même, les paraffines chlorées à chaîne courte (PCCC) sont considérées comme des substances extrêmement préoccupantes par l’Agence européenne des produits chimiques en raison de leur caractère bioaccumulable et toxique. Le risque chez l’animal est hépatique et rénal mais aussi thyroïdien et neurotoxique.
Les chercheurs concluent en disant avoir démontré « que la législation peut être un outil utile pour retirer les produits chimiques dangereux du marché et ainsi réduire l’exposition des enfants. »
Source : www.sciencedirect.com
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 16 septembre 2022
MIS À JOUR LE 17 avril 2023