Etude : une enzyme pour prédire le risque de mort subite du nourrisson ?

Des chercheurs australiens ont identifié un marqueur biochimique sanguin qui permettrait d’identifier les nourrissons à risque de mort subite du nourrisson. Les conclusions de leur étude ont été publiées dans The Lancet eBioMedicine.

Près de 400 bébés meurent chaque année de mort subite du nourrisson (MSN) ou mort inattendue du nourrisson (MIN) en France. C’est d’ailleurs l'une des principales causes de décès chez les nourrissons. On définit la MSN par « le décès incompréhensible à première vue et imprévisible, le plus souvent pendant le sommeil, d’un tout-petit qui semblait jusqu’ici en bonne santé apparente ». Différents facteurs de risques liés au nourrisson (anomalies du tronc cérébral et du système sérotoninergique, anomalies du gyrus denté de l’hippocampe cérébral, mutation génétique sexe masculin, prématurité…) ou à son environnement (tabac, couchage ventral, type de couchage, lieu de couchage …) ont été pointés du doigt pour expliquer sa survenue mais la plupart du temps elle reste inexpliquée.

Un taux d’enzyme plus bas que la normale
Les chercheurs australiens se sont attachés au dysfonctionnement autonome et plus particulièrement à la butyrylcholinestérase , une enzyme du système cholinergique, branche majeure du système autonome, le système régulant régulent l’attention, le sommeil, l'éveil, la cognition et autres fonctions cérébrales.  Ils ont découvert que les niveaux de cette enzyme étaient "significativement plus bas" dans les jours suivant immédiatement la naissance chez les bébés décédés plus tard du syndrome de mort subite du nourrisson, par rapport aux bébés vivants ou aux bébés qui décédaient d'autres causes. Chez les nourrissons avec de faibles niveaux de butyrylcholinestérase, le risque de MSN était jusqu'à 66 % plus élevé que la normale. Un « petit » risque si on le compare au fait de fumer durant la grossesse qui augmente le risque de 400 % !
L’étude conclut que les niveaux de l'enzyme pourraient aider à prédire ceux qui sont à risque de mort subite du nourrisson. Il faut, précisent les auteurs,  étudier comment le facteur enzyme est lié aux autres facteurs de risque connus pour la MSN et faire l’étude à plus grande échelle. Celle-ci a concerné 600 échantillons sanguins.

Pour rappel, la prévention  de la mort subite du nourrisson passe par des gestes simples :
- L’éviction du tabac
In utero mais aussi dans la maison et en présence de l’enfant.
- Une température de la chambre adéquate
Idéalement la température de la chambre doit être de 18 ou 19°C, pas plus, dans les mois où du chauffage est nécessaire.
- Un couchage spécifique
- On doit toujours coucher le bébé sur le dos à plat, sur un matelas ferme, dans un lit rigide dans son propre lit.
- On ne doit pas mettre de : réducteur de lit, cale-tête, cale-bébé, support mou,  oreiller, coussin, couette, drap, couverture, tour de lit…
- Le bébé doit être dans une turbulette

 Voir l'article du Lancet
 
Article rédigé par : Isabelle Hallot
Publié le 19 mai 2022
Mis à jour le 20 juin 2022