FO : Oui au service public de la petite enfance, non aux micro-crèches Paje

Si Force Ouvrière (FO) est favorable à l’instauration d’un service public de la petite enfance, et donc au droit de garde opposable, hors de question, selon la confédération syndicale, que cela passe par le développement des Mam ou micro-crèches fonctionnant à la paje. 

Oui au service public de la petite enfance
Le 6 juillet dernier, Elisabeth Borne, lors de son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale a notamment déclaré : « Nous répondrons à la première préoccupation des parents aujourd’hui : le manque de solutions de garde pour les enfants – et notamment les enfants de moins de 3 ans. Pour réussir, mon Gouvernement souhaite bâtir, avec les collectivités, un véritable service public de la petite enfance. Il permettra d’offrir les 200 000 places d’accueil manquantes. » Confirmant ainsi une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron. Dans un communiqué publié ce jour, la confédération syndicale FO se dit favorable à un service public de la petite enfance, qui concernerait tous les modes d’accueil, collectif comme individuel, et duquel découlerait un droit opposable à la garde d’enfant. Et qui dit droit opposable, dit indemnisation des parents, dans le cas où l’Etat ne pourrait offrir de solution de garde. 

Développer le nombre de places en crèches PSU
Or, pour FO, si l’on veut que ce droit opposable produise les effets attendus, il est indispensable que l’Etat mette les moyens financiers nécessaires afin d’accroître le nombre de places en EAJE Psu. « Il n’est pas envisageable pour notre organisation que, ce « droit à la garde d’enfant » passe par un développement des maisons d’assistantes maternels (MAM) ou des micros-crèches fonctionnant à la Prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE) », insiste la confédération syndicale. Et dénonce : « Ce type de crèche (ndlr : Paje) vise avant tout la rentabilité en acceptant un maximum d’enfants tout en recourant à un minimum de personnel et ce au détriment du bien-être des jeunes enfants. » Force Ouvrière reproche également à ces crèches une réglementation de plus en plus souple et aux Mam, d’être « uniquement soumises à un agrément de leurs locaux ». Aussi, selon FO, « seule les structures CAF financées via la PSU garantissent à la fois une mixité sociale grâce à un reste à charge soutenable pour toutes les familles, et une réglementation stricte soucieuse du bien-être du jeune enfant. »

En vue du futur service public de la petite enfance, la confédération syndicale requiert donc : 
  • une revalorisation de la PSU, pour favoriser la création des places de crèches, et ainsi mettre fin à la délégation des établissements d’accueil du jeune enfant au secteur privé.
  • une réglementation plus stricte quant à l’ouverture des MAM et des crèches fonctionnant en dehors de la PSU. Pour ce faire, il pourrait être dévolu aux CAF un rôle de prescripteur. L’objectif ici étant d’éviter la prolifération anarchique de ces structures qui se développent en concurrence des établissements fonctionnant à la PSU.
  • une harmonisation des qualités d’accueil pour toutes les structures de garde d’enfant. Cette harmonisation doit se faire par le haut, notamment sur le projet pédagogique, c’est-à-dire au regard de ce qui se fait dans les crèches soumises à la PSU

Télécharger ci-dessous le communiqué de presse
Article rédigé par : C.F.
Publié le 12 juillet 2022
Mis à jour le 25 août 2022