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Forte recrudescence de la coqueluche en 2024 : vigilance accrue pour les tout-petits

L’année 2024 a été marquée par une importante épidémie de coqueluche en France et en Europe. Cette maladie respiratoire très contagieuse, particulièrement dangereuse pour les nourrissons, a connu une recrudescence inattendue malgré la présence d’un vaccin efficace. Santé publique France rappelle l’importance de la vaccination pour limiter la propagation de la maladie et éviter les formes graves chez les nourrissons.

Dans ce contexte, le rôle des professionnelles de la petite enfance est essentiel. Leur vigilance, leur connaissance des symptômes de la coqueluche (toux persistante, quintes, difficultés respiratoires) ainsi que leur capacité à informer les familles sont des atouts pour la prévention et la protection des petits les plus vulnérables.

Une épidémie d’ampleur inédite

Après plusieurs années de faible circulation de la bactérie Bordetella pertussis, notamment depuis la pandémie de COVID-19, 2024 a vu une flambée spectaculaire des cas de coqueluche. En France, plus de 162 000 cas ont été recensés en médecine de ville et plus de 7 000 passages aux urgences ont été enregistrés. Le pic de l’épidémie a eu lieu en juillet-août 2024, touchant toutes les régions et toutes les classes d’âge, avant une décrue progressive à la fin de l’année.

Les nourrissons, durement touchés

Les données hospitalières montrent une forte atteinte des enfants de moins de 1 an, et plus particulièrement des bébés de moins de 6 mois, trop jeunes pour avoir reçu l’ensemble de leurs doses vaccinales. Le réseau RENACOQ a recensé 500 nourrissons hospitalisés en 2024, un nombre supérieur aux précédentes épidémies. Parmi eux, 74 % étaient âgés de moins de 6 mois. Sur les 46 décès rapportés cette année-là, 21 concernaient des nourrissons de moins d’un an.

Progression de la résistance aux antibiotiques

17 patients infectés par une souche résistante aux antibiotiques macrolides ont été identifiés en 2024, soit 1,9 % des cas analysés. Cette résistance, très rare jusqu’alors, semble en augmentation et constitue un signal de vigilance pour les équipes médicales.

La vaccination, première protection des bébés

La vaccination des nourrissons demeure la clé pour prévenir les formes graves. Le calendrier vaccinal prévoit une primovaccination à 2 et 4 mois, un rappel à 11 mois, puis des rappels à 6 ans, 11-13 ans et à l’âge adulte. La vaccination des femmes enceintes joue aussi un rôle crucial : elle permet de transmettre des anticorps protecteurs au bébé avant même la naissance. En 2024, la couverture vaccinale des jeunes mères a progressé, passant de 43 % en 2023 à 62 %, mais reste insuffisante pour une protection collective optimale.

Protéger les enfants par l’entourage

Lorsque la vaccination de la mère n’a pas été faite pendant la grossesse, une protection indirecte appelée stratégie du cocooning est recommandée. Elle consiste à vacciner toutes les personnes susceptibles d’être en contact régulier avec le nourrisson : parents, grands-parents, frères et sœurs, mais aussi professionnels de la petite enfance, assistants maternels, baby-sitters et personnels de santé. Cette mesure permet de limiter la transmission de la coqueluche aux bébés non encore vaccinés. Ceux-ci sont particulièrement vulnérables durant les premiers mois de vie.

Source :  Santé publique France

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 13 octobre 2025

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