Hausse des tarifs de garde d’enfants : Yoopies tire la sonnette d’alarme
« Il faut révolutionner l’aide à la Personne face à la hausse des tarifs » déclare la plateforme de garde d’enfants Yoopies suite à la publication de son rapport annuel dévoilant le tarif moyen de garde d’enfants par région en France. Elle observe moins de disparités entre les régions mais constate pour la cinquième année consécutive une hausse des tarifs : en 2017, le tarif net moyen s’élève à 8,99€ de l’heure soit une augmentation de 2,63% par rapport à 2016. Il existe des mécanismes d’aides pour réduire le coût du travail mais ces mesures ne sont pas toujours efficaces. En cause ? La lourdeur administrative de l’emploi entre particuliers. « L’emploi entre particuliers est le grand absent du débat sur la Loi Travail, regrette Benjamin Suchar, fondateur de Yoopies. Légalement, si une famille souhaite avoir recours à une baby-sitter pour une journée, elle est obligée de signer un CDI et devrait en respecter les règles (…). » Or financièrement seules les familles les plus aisées peuvent avancer les frais liés aux services à la personne avant le versement des aides – qui peuvent intervenir plus d’un an après la prestation.
Mais alors quelles solutions ? Pour la plateforme le recours aux agences ne représente pas une alternative car elles pratiquent souvent des tarifs inabordables pour les ménages (24€ de l’heure en moyenne) tout en rémunérant leurs intervenants au SMIC.
Développer le statut d’indépendant en passant par le numérique
Passer par le statut d’indépendant serait une solution mais Yoopies souligne la difficulté à le mettre en œuvre : le cahier des charges fixé par l’administration est trop lourd et le risque de requalification en contrat de travail trop important. Il s’agirait alors de développer le numérique. Les plateformes comme Yoopies permettent en effet de supprimer les intermédiaires tout en assurant le lien avec les particuliers. « Contrairement à Airbnb ou Uber, dont les modèles bouleversent des acteurs traditionnels – l’industrie hôtelières ou les taxis -, le vrai rival d’une plateforme web de services à la personne est le travail au noir », explique Benjamin Suchard. Mais à ce jour, ces plateformes ne sont pas reconnues comme organismes Services à la Personne et ne peuvent donc pas faire bénéficier à leur utilisateur du crédit d’impôt de 50% lié au secteur.
Ce qu’il faudrait mettre en place : réformer le statut des indépendants en allégeant leurs obligations mais aussi en leur permettant de cotiser pour le chômage (Emmanuel Macron l’a annoncé dans son programme). Les plateformes pourraient de leur côté collecter de manière automatisée les charges de leurs intervenants et les verser à l’administration. Et avancer le crédit d’impôt accordé aux emplois à domicile par les banques, comme le proposent plusieurs dirigeants patronaux.
Yoopies souligne donc la nécessité de révolutionner le secteur pour éviter le travail au noir, l’adapter à la révolution numérique et faire baisser le coût du travail grâce au recours au travail indépendant.
Consulter le rapport annuel de Yoopies
A.B.B.
PUBLIÉ LE 24 août 2017
MIS À JOUR LE 09 décembre 2019