Incendies en Gironde : crèches, assistantes maternelles… comment les professionnels de la petite enfance s’organisent
Les incendies qui touchent la Gironde depuis plusieurs jours bouleversent le quotidien des habitants… et celui des professionnels de la petite enfance. Alors que plusieurs communes ont été évacuées et que les fumées ont fortement dégradé la qualité de l’air jusque dans l’agglomération bordelaise et bien au delà, les lieux d’accueil ont dû adapter leur fonctionnement pour assurer, lorsque cela est possible, la continuité de l’accueil des jeunes enfants.
Les premières fermetures ont concerné les structures situées dans les communes placées sous ordre d’évacuation. Sont notamment concernées Lège-Cap-Ferret (évacuation progressive de la presqu’île), Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Aubin-de-Médoc, Martignas-sur-Jalle, Saint-Jean-d’Illac, Le Haillan, ainsi que certains secteurs de Mérignac et d’Eysines. Dans ces secteurs, les établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE), les maisons d’assistantes maternelles (MAM) et les assistantes maternelles ont naturellement dû suspendre leur activité, les professionnelles comme les familles ayant eux-mêmes été évacuées.
L’ARS n’appelle pas à fermer les établissements
En dehors des communes évacuées, aucune consigne générale de fermeture n’a été émise. L’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine privilégie une adaptation des pratiques en fonction de la qualité de l’air plutôt qu’un arrêt systématique de l’accueil. L’agence rappelle que les fumées des incendies de forêt contiennent des particules fines et d’autres polluants susceptibles de provoquer des symptômes respiratoires (toux, essoufflement, crises d’asthme), des irritations des yeux, du nez et de la gorge, mais aussi, chez les personnes les plus fragiles, des effets cardiovasculaires. Les nourrissons et les jeunes enfants figurent parmi les populations les plus vulnérables à cette pollution.
Face à cette situation, l’ARS recommande de limiter les sorties et les activités physiques, de privilégier les activités en intérieur et d’aérer les locaux uniquement lorsque les concentrations de fumées diminuent.
La PMI détaille les consignes pour les assistantes maternelles
Dans un message adressé aux assistantes maternelles et aux MAM, le service départemental de la PMI Modes d’Accueil de la Porte du Médoc rappelle que les professionnelles faisant l’objet d’une évacuation « ne doivent pas assurer l’accueil des enfants tant que la levée officielle des mesures de sécurité n’a pas été prononcée et que les conditions d’accueil ne sont pas garanties ».
Pour les professionnelles qui ne sont pas évacués mais qui restent exposés aux fumées, la PMI recommande de « suivre strictement les consignes préfectorales et les informations de qualité de l’air », de « maintenir les enfants à l’intérieur » et de « suspendre toutes les activités extérieures (cours, jardins, promenades, sorties) ». Les professionnelles sont également invités à limiter au maximum les ouvertures de portes et de fenêtres lorsque les fumées sont présentes, à occulter les aérations avec des linges humides et, si nécessaire, à arrêter temporairement les VMC durant les épisodes de fumées.
Le service départemental appelle également les professionnels à « surveiller de près les jeunes enfants » et à être « particulièrement vigilants pour les enfants présentant des pathologies respiratoires (asthme, bronchiolite récente, allergies respiratoires, etc.) ». Les familles doivent être informées de la situation et des mesures mises en œuvre, tout en restant joignables en permanence « en cas de nouvelle évacuation ou si leur enfant présente des signes d’inconfort ». Enfin, la PMI précise qu’« en cas de fumées importantes, le port d’un masque FFP2 peut réduire l’inhalation de particules fines ». Elle recommande de le porter lors des sorties indispensables, de veiller à son bon ajustement et de le remplacer dès qu’il devient humide, sale ou difficile à respirer.
À Bordeaux, les lieux d’accueil restent ouverts
Alors que le front de feu se situe désormais aux portes de l’agglomération bordelaise, la Direction de la Petite Enfance et des Familles de Bordeaux a adressé un mail aux gestionnaires d’établissements. Elle y rappelle qu’« à ce stade, aucune consigne de fermeture ou d’adaptation de l’accueil n’a été émise par l’ARS ou la PMI ». Elle ajoute : « (…)le fonctionnement des établissements se poursuit normalement et la continuité du service public d’accueil de la petite enfance est maintenue.» Néanmoins, les établissements sont invités à signaler d’éventuelles difficultés de fonctionnement, notamment lorsque certaines professionnelles, habitant dans des zones évacuées, ne peuvent rejoindre leur poste.
Cette position s’inscrit dans la continuité des recommandations de l’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine. L’ARS n’a pas demandé la fermeture des établissements, mais rappelle que « la pollution atmosphérique peut provoquer des symptômes respiratoires (toux, essoufflement, crises d’asthme), des irritations des yeux et de la gorge, et affecter le système cardiovasculaire ». Les nourrissons et les jeunes enfants figurent parmi les populations les plus sensibles.
Et s’adaptent
Sur le terrain, les gestionnaires adaptent leur organisation en fonction de leur situation géographique. Isabelle Rodriguez, directrice de l’association Pitchoun, qui gère cinq lieux d’accueil à Bordeaux, a fait le choix de maintenir un accueil minimum. « Nos crèches sont situées dans le centre-ville de Bordeaux et n’ont pas été directement touchées par les incendies. Seules les fumées ont parfois pu être ressenties, explique-t-elle. Nous disposons de systèmes de ventilation performants qui permettent de proposer des espaces d’accueil sains pour les enfants, parfois plus qu’à leur domicile. » Les sorties extérieures ont en revanche été totalement suspendues jusqu’à amélioration de la situation.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 27 juillet 2026