Infections respiratoires : une étude révèle les virus les plus dangereux pour les nourrissons
Les infections respiratoires sont très fréquentes durant les deux premières années de vie, mais seules certaines entraînent des complications sévères. Une vaste étude menée à Porto Rico a exploré comment différents virus, seuls ou en association, influencent la gravité des infections respiratoires chez les nourrissons et jeunes enfants.
Les chercheurs ont voulu comprendre pourquoi certains virus provoquent de simples rhumes (infections des voies respiratoires supérieures) tandis que d’autres entraînent des bronchiolites ou pneumonies sévères (infections des voies inférieures). L’étude visait aussi à identifier les virus les plus à risque et à évaluer l’effet des co-infections.
L’étude PRIMERO (Puerto Rican Infant Metagenomic and Epidemiologic Study of Respiratory Outcomes) a suivi 2 061 enfants dès la naissance jusqu’à 2 ans (2020-2024). Chaque épisode respiratoire signalé par les parents était classé comme bénin ou sévère selon les symptômes et la nécessité d’hospitalisation ou de corticoïdes. Des prélèvements nasaux ont permis de rechercher 21 virus respiratoires grâce à des tests PCR .
Les virus les plus impliqués dans les formes graves
Une grande diversité virale a été observée : plus de 74 % des épisodes respiratoires étaient dus à au moins un virus, parfois plusieurs. Le virus respiratoire syncytial (VRS) et le métapneumovirus (HMPV) augmentaient fortement le risque d’infection respiratoire sévère (multiplié respectivement par 9,3 et 5,7). Le parainfluenza et certains coronavirus non liés au SARS-CoV-2 étaient aussi associés à un risque accru.
À l’inverse, le rhinovirus et le bocavirus, très fréquents, étaient souvent impliqués dans des rhumes légers et n’augmentaient pas le risque de maladie sévère lorsqu’ils étaient isolés. Les enfants infectés par plusieurs virus à la fois avaient trois fois plus de risques de développer une forme sévère qu’en cas d’infection unique. La combinaison rhinovirus + bocavirus était la plus courante et doublait le risque de maladie grave.
Influence de la pandémie de COVID-19
Les enfants nés pendant la première année de la pandémie ont présenté moins d’infections respiratoires sévères, probablement parce que les mesures sanitaires (masques, confinement, fermeture d’écoles) ont réduit la circulation de virus comme le RSV et le HMPV. Le SARS-CoV-2, quant à lui, était plus souvent associé à des formes bénignes ou asymptomatiques chez les nourrissons.
Enjeux pour la petite enfance
Ces résultats confirment l’importance de la prévention et du suivi rapproché dans les deux premières années de vie, période de grande vulnérabilité respiratoire. Les virus comme le VRS justifient des stratégies de vaccination ou d’immunoprophylaxie ciblées. La surveillance des co-infections est essentielle pour identifier les enfants à haut risque d’hospitalisation.Les structures d’accueil de la petite enfance doivent maintenir des mesures d’hygiène strictes pour limiter la propagation des virus les plus pathogènes.
Source : www.linkinghub.elsevier.com/retrieve/pii/S0163445325002166
PUBLIÉ LE 28 octobre 2025