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Ingestion de pile bouton : de nouvelles recommandations pour optimiser la prise en charge des enfants

Présentes dans de nombreux objets (jouets pour enfants, montres, clés, télécommandes…) les piles boutons sont hautement toxiques. Elles présentent un risque potentiellement mortel si elles sont ingérées par un enfant.  Les nouvelles recommandations élaborées par la Haute autorité de santé et la Société de Toxicologie Clinique ont 3 objectifs :  proposer une prise en charge optimisée et une surveillance des enfants ayant ingéré une ou plusieurs piles boutons, rendre homogène la prise en charge et renforcer la sensibilisation du grand public.


Des risques de brûlures sévères

Les piles bouton ou plates dégagent des ions hydroxydes très alcalins pouvant causer des brûlures chimiques très profondes aux organes lorsqu’un petit enfant l’ingère. En particulier, si elle se bloque dans l’œsophage elle peut engendrer « une brûlure locale dont la gravité augmente de manière importante au-delà de la deuxième heure. Le risque est majoré si la pile est de diamètre supérieur ou égal à 15 mm et lorsque l’enfant est âgé de 5 ans ou moins. Il faut donc une bonne coordination de tous les professionnels de santé impliqués dans la prise ne charge.


Chaque minute compte

L’ingestion de ce type de pile est une urgence : réagir sans tarder est primordial même en cas de doute. Les différentes recommandations concernent le diagnostic et la prise en charge des enfants. Parmi celles-ci-

Première mesure à mettre en œuvre : laisser l’enfant à jeun sans tenter de le faire vomir et appeler le 15 ou un centre antipoison, afin de déclencher sans délai l’évaluation et la prise en charge adaptée de l’enfant.

Autre mesure préconisée, enclencher la prise en charge sans temps mort quand l’enfant arrive aux urgences ou au cabinet médical. Par exemple, la STC et la HAS « soulignent en particulier que la réalisation d’une radiographie du thorax est l’examen de référence pour confirmer l’ingestion d’une pile et pour en déterminer la localisation ». En cas de pile bloquée dans l’œsophage, une urgence, une endoscopie digestive haute doit alors être effectuée sans délai car le risque de brûlure œsophagienne sévère, est majoré au-delà de 2 h. Si la pile est dans l’estomac, « la prise en charge doit être adaptée à chaque situation (âge de l’enfant, existence de symptômes ou non), et une endoscopie digestive est parfois nécessaire. ». Les recommandations précisent aussi la prise en charge au cas où e plusieurs piles ont été ingérées. « Là encore il est recommandé de réaliser une endoscopie digestive haute sans délai afin de retirer les piles en raison de possibles lésions gastriques ou intestinales, quels que soient leurs diamètres et l’âge de l’enfant. Il en est de même pour les cas de co-ingestion d’un aimant et d’une pile bouton. »

Les recommandations précisent aussi les modalités de traitement et de surveillance du patient (hospitalisations ou non en fonction ou non d’existence de lésions, examens complémentaires dans les sept jours, suivi, alimentation, retour à domicile…)


Des recommandations à l’attention des pouvoirs publics

Celles-ci portent  sur l’information du grand public et des professionnels de la petite enfance et « de la nécessité d’appeler le numéro Urgence Santé du Service d’accès aux soins (le 15) ou un centre antipoison sans délai ». Elles s’adressent aussi aux industriels, y compris au niveau européen pour qu’ils « puissent mettre en place des modalités de sécurisation des emballages, des piles elles-mêmes et favoriser la fabrication et l’utilisation de piles bouton de diamètre < 15 mm, mais aussi pour sécuriser les appareils accueillant les piles bouton.


Des outils pour aider les professionnels

Différents outils tels que des arbres décisionnels qui récapitulent l’ensemble de la prise en charge, une fiche outil pour les professionnels de premiers recours et un modèle de lettre aux parents ont été élaborés « pour aider les professionnels à intégrer les bonnes pratiques et les bons réflexes ». Et pour expliquer le mécanisme et leur dangerosité des piles bouton,  2 vidéos de la STC sont disponibles.


Source : HAS

 

Isabelle hallot

PUBLIÉ LE 16 février 2022

MIS À JOUR LE 13 janvier 2023

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