Fa Sol Vie, la première crèche familiale préventive en province

L’association « Enfant Présent » est installée depuis plus de 30 ans sur Paris et possède entre autres, quatre crèches familiales préventives. Depuis un an, elle a ouvert la première crèche familiale préventive en province poitevine dont l’inauguration n’a pu se faire que récemment, pandémie oblige. Cette initiative novatrice propose un mode de garde pour les enfants de familles en situation de vulnérabilité, mais aussi un accompagnement individualisé de ces familles, tant sur le plan éducatif que professionnel.
Un mode d’accueil innovant pensé par l’association «Enfant présent»
Créée en 1984, l’association « Enfant présent » possède aujourd’hui trois crèches collectives préventives, un service d’Aide Educative à Domicile, deux services d’Accueil Familial et Educatif et quatre crèches familiales préventives dans Paris et sa région. Au contraire de la majorité des structures, où les places sont d’abord distribuées aux familles dont les parents travaillent, les crèches familiales préventives priorisent les familles en situation de vulnérabilité, notamment les familles monoparentales et /ou sans emploi. Ce sont à Paris, les 80 assistantes maternelles salariées de l’association, qui assurent un accueil modulable, 7 jours / 7 et 24 h / 24 des enfants âgés de 0 à 4 ans. Le projet de l’association étant de proposer l’accueil de l’enfant chez une assistante maternelle, mais aussi d’accompagner les familles dans leures différentes démarches socio-professionnelle, de leur apporter du soutien à la parentalité et de lutter contre les violences intra-familiales. 

La crèche Fa sol vie, pionnière en province
C’est grâce à la rencontre entre Arnaud Gallais, directeur général de l’association « Enfant présent » et Estelle Russeil, coordinatrice de la Protection Maternelle Infantile (PMI) – Aide Sociale à l’Enfance (ASE) du secteur de Vienne, que la première crèche familiale préventive a pu ouvrir ses portes en province poitevine, il y a un an. L’association emploie aujourd’hui treize assistantes maternelles réparties sur tout le territoire de la Vienne, réparties comme suit : dix à Poitiers, neuf à Châtellerault, quatre à Chauvigny-Montmorillon, quatre à Gençay-Rouillé et trois à Neuville. Au total, cette crèche familiale départementale propose 30 places.

Une équipe pluridisciplinaire aux compétences complémentaires
L’équipe de coordination permet une vraie complémentarité de la prise en charge des enfants et de leur famille. Elle se compose d’une directrice générale, Sophie Cailliau, d'une cheffe de service, Lucile Eraud, infirmière, d’une éducatrice spécialisée, d’une éducatrice de jeunes enfants et il est prévu qu’une psychologue rejoigne l’équipe prochainement. L’infirmière s’occupe de la prévention santé, de la mise en place des Projet d’Accueil Individualisé (PAI) et de déléguer l’administration des traitements aux assistantes maternelles en cas de besoin. L’éducatrice spécialisée propose un accompagnement et un suivi des parents dans le but d’une réinsertion socio-professionnelle avec de l’aide administrative, des ateliers « prendre soin de soi », ainsi que des ateliers culinaires. L’éducatrice de jeunes enfants propose des rencontres aux domiciles des assistantes maternelles et chez les familles, pour échanger et mettre en place des temps de jeux adaptés et privilégiés.

Des temps de rencontre
L’association organise et anime régulièrement des rendez-vous d’échanges :
-    Les temps ludiques, qui ont lieu une fois par mois. Ils sont proposés à quatre assistantes maternelles différentes chaque semaine et ont lieu à proximité de leurs lieux d’habitations. Ces temps de regroupement se passent autour de jeux avec les enfants qu’elles accueillent.
-    Les temps pratico-pratiques, qui ont lieu tous les deux mois. Quatre assistantes maternelles sont conviées et pendant 1h, deux d’entre elles s’occupent des enfants pendant que les deux autres échangent et analysent leurs pratiques. Puis vice-versa.
-    Les temps avec les parents, qui ont lieu environ une fois par trimestre et se déroulent sur les deux plus grandes villes du département, Poitiers et Châtellerault, pour le moment.
Le siège administratif de la crèche est sur Poitiers, quelques réunions internes s’y déroulent, mais la majorité des regroupements avec les professionnelles et les familles se font par secteur aux plus près des lieux d’habitations, dans des salles disponibles grâce à des partenariats avec les communes et les maisons de la solidarité (MDS).                              L’équipe de coordination travaille aussi en étroite collaboration avec la PMI, l’ASE, les RAM, les différents services d’insertion comme l'APRE (Aide Personnalisée au Retour à l'Emploi), l’AED (Action Educative à Domicile), parfois l’AEMO (Action Educative en Milieu Ouvert), et avec les trois organismes financeurs : le conseil départemental de la Vienne, la DDCS (Direction départementale de la cohésion sociale de la Vienne) et la CAF (Caisse d'Allocations Familiales) qui a alloué un budget de 330 000 € à cette structure.

Un milieu rural avec ses particularités
A la campagne, il y a peu, voir pas de transport en commun, alors lorsque les parents n’ont pas de permis ou ne sont pas véhiculés, ce sont les assistantes maternelles qui vont chercher et ramènent les enfants qu’elles accueillent, pour le compte de l’association.
De plus, les logements en province sont souvent plus grands qu’à Paris et sa région. Il est donc plus fréquent que les assistantes maternelles reçoivent des agréments pour trois et parfois même quatre enfants. L’association ne réservant en général que deux places, il est alors courant que les assistantes maternelles cumulent leur emploi de salarié pour « Enfant Présent » avec des parents employeurs. « C’est à prendre en compte dans l’organisation du quotidien », confie la cheffe de service, Lucile Eraud. « Cela a un avantage indéniable, pour les enfants et leur famille, celui de la mixité sociale, mais il faut prendre en considération que les assistantes maternelles se déplacent avec tous les enfants qu’elles accueillent lors des ateliers, être vigilant à ce qu’elles n’accueillent pas plus de deux enfants de moins de 18 mois, respecter les onze heures consécutives de repos quotidien, mais aussi faire comprendre aux parents employeurs que les assistantes maternelles doivent être disponibles pour l’association lors des formations pédagogiques », poursuit-elle. Et conclut : « Lorsque c’est expliqué dès le début aux familles, c’est quelque chose qui est bien accepté, d’autant plus que ces formations sont ensuite bénéfiques à tous les enfants accueillis. »
 
Article rédigé par : Pauline Bersier
Publié le 01 octobre 2021
Mis à jour le 01 décembre 2021