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Jardins d’enfants : une manifestation de soutien et des projets de reconversion

Près de 150 personnes manifestaient devant la Mairie du 12e arrondissement de Paris, mardi dernier. Parents, enfants et membres du personnel des jardins d’enfants étaient rassemblés pour protester contre la fermeture promise de ces 250 lieux d’accueil à travers la France, menacés d’extinction à la rentrée 2024 par la loi Blanquer.


Comme nous le rappelions dans un article le mois dernier, la « loi pour une école de la confiance » promulguée en 2019, a instauré l’instruction obligatoire dès 3 ans, condamnant les jardins d’enfants. Ces structures hybrides, à mi-chemin entre la crèche et l’école maternelle, accueillent les enfants de 2 à 6 ans, et sont depuis longtemps reconnues pour leurs qualités pédagogiques innovantes, leur rôle dans la mixité sociale et l’inclusion des enfants porteurs de handicap. Les jardins d’enfants déjà en place ont pour autant bénéficié d’un moratoire de 5 ans pour préparer leur reconversion. Délai qui ne sera pas prolongé apprenait-on le mois dernier. 


Des solutions de reconversion innovantes

Si tous les jardins d’enfants de France sont concernés, c’est à Paris que le plus grand nombre sont concentrés (ils accueillent plus de 800 enfants) et que la mobilisation est la plus active, bénéficiant du soutien de la municipalité. Le collectif Decollaje, créé en 2019, ne ménage pas ses efforts et sa pétition a déjà rassemblé 17 000 signatures pour les soutenir. Il réclame pour sa part une modification du code de l’éducation qui sanctuariserait l’existence des jardins d’enfants. L’élu de Paris, Patrick Bloche, Adjoint à la Maire de Paris en charge de l’éducation, de la petite enfance, des familles et des nouveaux apprentissages, réfléchit pour sa part à des solutions innovantes pour conserver les structures tout en respectant la loi qui se doit d’être appliquée. Il suggère que, selon les besoins, les jardins d’enfants se reconvertissent en halte-garderie ou crèche pour les enfants jusqu’à 3 ans, ou bien en services dédiés aux familles, ou encore en établissements passerelle assez innovants sur le plan pédagogique, comme il l’évoquait en répondant aux questions du Figaro : « un modèle d’établissements qui accueilleraient des enfants de 0 à 6 ans, encadrés par des éducateurs de jeunes enfants et des professeurs des écoles. »

Laurence Yème

PUBLIÉ LE 13 avril 2022

MIS À JOUR LE 13 janvier 2023

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