Jouets, emballages alimentaires : une substance alternative aux phtalates tout aussi nocive pour les enfants?
En 2016, l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) avait testé des alternatives aux phtalates dans les jouets d’enfants et conclu qu’un de ces substituts, le citrate d’acétyltributyle chimique (ATBC) ne mettait pas en évidence de risque pour les enfants de moins de 3 ans. Retournement de situation en 2023 : une nouvelle étude présentée au Congrès annuel de la Société américaine pour la biochimie et la biologie moléculaire démontre qu’il serait en réalité dangereux pour la santé et aurait un impact sur la croissance du cerveau.
Des alternatives aux phtalates dans les jouets
Les phtalates sont dans la ligne de mire des autorités sanitaires depuis un moment ! Ces substances sont utilisées dans de nombreux produits pour améliorer leur durabilité ou permettre aux matériaux de se plier et de s’étirer. Plusieurs études ont montré que l’exposition aux phtalates peut affecter le système reproducteur (effet perturbateur endocrinien) et nuire au développement du fœtus. Pour l’éviter les industriels se sont tournés vers des plastifiants supposés moins toxiques comme l’ATBC utilisé dans une variété de matériaux et de produits, y compris les aliments et les emballages alimentaires, mais également les jouets en plastique. Or l’enfant peut les mâchouiller et le produit migrer dans la salive.
Un effet sur la croissance neuronale
Dans le cadre de leurs travaux, les chercheurs ont étudié comment l’ATBC et d’autres produits chimiques affectaient les gènes et les processus impliqués dans la division cellulaire. Leur conclusion : l’exposition de certaines cellules à cette substance pouvait entraîner l’arrêt de la croissance desdites cellules et le blocage de leurs divisions, provoquant ainsi une neurodégénérescence et un vieillissement accéléré. Il est également possible que l’exposition à l’ATBC au cours du développement précoce – lorsque les neurones se développent et se divisent activement – puisse affecter directement les neurones et interférer avec le développement du cerveau, ont déclaré les chercheurs. Des dommages d’autant plus inquiétants qu’ils sont probablement permanents.
Source : https://www.asbmb.org
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 30 mars 2023
MIS À JOUR LE 15 mai 2023