Lancement du Syndicat National des Professionnels de la Petite Enfance

Le contexte sanitaire et l’étude APEMA que nous avons réalisée avec le sociologue Pierre Moisset ont permis de révéler, une fois encore, à quel point le secteur des professionnels de la petite enfance manque de visibilité dans son ensemble. Le Syndicat National des Professionnels de la Petite Enfance (SNPPE) entend y remédier.

Manque de reconnaissance
Au plus fort de la crise épidémique, le besoin de structures d’accueil permettant au personnel prioritaire de travailler – notamment les soignants - a été immédiat. Mais depuis, de nombreux professionnels ressentent un manque de reconnaissance. Ainsi, Cyrille Godfroy (*), coordinateur petite enfance pour une collectivité et créateur du site PeAZ s’indigne : « la considération du gouvernement a rapidement été réduite à son minimum : il publie un guide le 8 mai pour une réouverture le 11. Hier soir [28 mai, NDLR.], aucune déclaration concernant les EAJE et la petite enfance pour la deuxième phase de déconfinement. Ça y est ! La petite enfance est à nouveau invisible ! »  

Secteur de la petite enfance morcelé
Pour remédier à cette situation, l’idée de créer le Syndicat National des Professionnels de la Petite Enfance est née. A l’initiative du projet, Cyrille Godfroy souligne que « l’étude APEMA montre le besoin et l'attente très forts des professionnels : 12 000 personnes ont participé ! Il est temps de voir si, au-delà des attentes, un certain nombre de professionnel est prêt à remonter les manches pour agir. »
Dans un communiqué, le coordinateur petite enfance rappelle que « de nombreuses initiatives ont déjà vu le jour », telles la création d’un collectif autour des RAM en 2020, le lancement de nombreuses pétitions pour une plus grande reconnaissance et une valorisation salariale des métiers de la petite enfance ou encore le mouvement national par le collectif « Pas de bébés à la Consigne » depuis le décret Morano de 2010.
Cependant, Cyrille Godfroy constate que le secteur reste morcelé entre :
« Les structures publiques gérées par des collectivités territoriales diverses (département, métropole, agglomération, communauté de communes, communes, syndicat…) ou par des structures qui n’ont pas l’accueil du jeune enfant comme première mission (hôpital).
• Le secteur privé non-lucratif dépend lui aussi de différents types d’employeurs (petite association, grande association nationale, scoop…).
• Le secteur privé lucratif où la concurrence est forte. C’est le secteur le plus dynamiques en création de places ces dernières années mais les professionnels y sont souvent bousculés, pour ne pas dire maltraités. Là aussi, les employeurs ont des profils très différents de la petite micro-crèche unique créée par un gestionnaire particulier jusqu’aux grands groupes
 ».

Un syndicat pour rassembler tous les professionnels
Face à cette représentation du secteur qui dépend « de multiples syndicats en fonction des employeurs, de quelques associations professionnelles, sans toutefois couvrir les aspirations de tous les métiers de la petite enfance », Cyrille Godfroy propose donc le lancement d’un syndicat corporatiste englobant les intérêts de tous. L’ambition est de fédérer les professionnels pour créer une instance de représentation commune et « une vraie force de mobilisation pour les métiers de la petite enfance ». Une force qui permettrait « d’agir ENSEMBLE pour être reconnu, de respecter et de défendre les professionnels afin de mieux accueillir les tout-petits ».

Appel à contribution
Sous la forme d’une page Facebook, avec un sondage en ligne pour « évaluer » le besoin et la faisabilité du projet », le SNPPE invite aux contributions. « L'idée est de construire le syndicat avec les personnes intéressées pour s'y investir, explique Cyrille Godfroy. Même si je lance le projet, que j'ai des idées, il n'est pas question de créer une structure très verticale. Donc, tout le monde peut rejoindre le projet et apporter son aide, ses idées, sa vision du syndicat. » Plusieurs points lui paraissent essentiels pour y arriver : travail collaboratif et participatif, représentation de chaque "métier" avec peut-être des groupes de réflexion pour faire remonter les attentes de chacun en fonction des postes occupés. Enfin Cyrille Godfroy souhaite que l'organisation à imaginer soit respectueuse de l'environnement aussi bien dans son animation que dans sa gestion administrative (choix de la banque, des outils informatiques...). Pour lui, c’est une évidence, prendre « soin » des générations futures passe aussi par là…

Contact : snppe@protonmail.com

(*) Cyrille Godfroy est éducateur de jeunes enfants, coordinateur petite enfance pour une collectivité, Ancien vice-président de la FNEJE  et créateur de PeAZ
Article rédigé par : Marie-Sophie Bazin
Publié le 29 mai 2020
Mis à jour le 29 mai 2020