L’ANPDE se dit prête à l’ouverture vers une pratique avancée de la petite enfance
L’Association Nationale des Puéricultrices(teurs) Diplômé(e)s et des Etudiants (ANPDE) et les autres représentants de la profession se réjouissent de la déclaration de François Braun, ministre de la Santé et de la Prévention, sur l’ouverture vers une pratique avancée de la petite enfance. « Une annonce forte et attendue des IPDE (ndlr : infirmières puéricultrices d’Etat) », soulignent-ils.
Le 3 octobre dernier, le ministre de la Santé et de la Prévention, François Braun, en conclusion de la journée de lancement du Conseil national de la refondation (CNR) en santé, à l’Assemblée nationale déclarait : « Je veux aussi ouvrir plus largement le champ des compétences des IPA (infirmiers en pratique avancée) vers la prise en charge de la petite enfance (…) ». Une annonce saluée par les représentants de la profession de puéricultrice (CIP, ANPDE, CJSIP, SNPDE et SoRIP) dans un communiqué commun, qui « se disent d’ores et déjà en capacité de présenter des propositions quant à la formation afin d’amener la spécialité à un niveau de pratique avancée ».
Pour rappel, les infirmiers en pratique avancée (IPA) sont des infirmiers qui ont suivi un master (en 2 ans) leur permettant d’exercer des missions plus étendues. A l’heure actuelle, le diplôme d’Etat de puéricultrice s’obtient en une année. Or, l’ANPDE et les autres représentants de la profession souhaitent que la spécialisation de puéricultrice se fasse en 2 ans et qu’elle soit reconnue comme un grade master. D’où la réingénierie de la formation en cours.
La petite enfance oui mais pas seulement
Les associations représentatives de la profession tiquent toutefois sur le terme « petite enfance », qu’elles estiment trop réducteur. Car pour leur part, elles préfèrent « une approche globale de la prise en charge de l’enfant, de 0 à 18 ans. Pour garantir une prise en charge holistique, il est important de considérer l’enfant tout au long de son parcours de vie jusqu’à sa majorité. »
Attractivité, prévention et déserts médicaux
Selon ces associations, aller vers une pratique avancée des infirmières puéricultrices « permettrait de répondre à 3 problématiques majeures de notre système de santé : attractivité, prévention et déserts médicaux. » Concernant le premier point, les métiers de la santé ont aujourd’hui du mal à recruter. Pour pallier la pénurie, parmi d’autres solutions, elles considèrent qu’ « offrir la possibilité à chaque professionnel de la santé de construire un projet de carrière évolutif, avec une vision s’intégrant dorénavant dans le cursus LMD (Licence/Master/Doctorat), représente inévitablement un levier d’attractivité. »
« La prévention entre réellement dans le quotidien de tous les Français », a affirmé François Braun. Et les représentants des IPDE de souligner à ce sujet : « Les IPDE s’inscrivent pleinement dans cette vision et rappellent que l’impact de la prévention et de la qualité des soins proposés à l’enfant d’aujourd’hui sera majeur pour l’adulte qu’il sera demain. Le rôle des IPDE prend tout son sens – et d’autant plus demain avec un champ de compétences élargi – pour soigner, guider et accompagner l’enfant et ses parents, dans une prise en soin parfois complexe. »
Enfin, afin de lutter contre les déserts médicaux (plus de 6 millions de Français seraient ainsi sans médecin traitant, selon l’Assurance maladie), les représentants des IPDE estiment : « Avec la réingénierie de la formation d’infirmière puéricultrice, les professionnels spécialisés que sont les IPDE pourront intervenir en premier recours sur l’ensemble du territoire, concourir à l’évaluation de la santé de l’enfant et au dépistage des troubles du développement et de pathologies, permettant un repérage et une orientation précoces de l’enfant vers un médecin / spécialiste qui mettra en œuvre une prise en soins adaptée. »
CF
PUBLIÉ LE 18 octobre 2022
MIS À JOUR LE 17 avril 2023