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Le secteur privé lucratif lance deux pétitions pour alerter sur la situation des crèches et micro-crèches

Furieux et inquiet, le secteur privé lucratif se mobilise à nouveau contre le projet de décret pour le renforcement de la qualité dans les micro-crèches. Deux pétitions, lancées vendredi dernier, alertent sur les risques qu’il présente et réclament des mesures concrètes pour revaloriser les micro-crèches (et crèches) privées. 

Après un communiqué incendiaire commun de la FFEC, du REMi, de la Fesp et de la Fedesap au mois de décembre dernier, suivi de courriers aux ministres, c’est en ordre dispersé que le secteur privé continue de protester contre le projet de décret du gouvernement, pour le renforcement de la qualité dans les micro-crèches. Ce ne sont pas moins de deux pétitions, toutes deux lancées le 10 janvier dernier, qui appellent aujourd’hui parents, professionnels et gestionnaires à se mobiliser pour le secteur privé lucratif.

Deux  pétitions parallèles pour une même cause

L’une intitulée « Je soutiens ma crèche » lancée à l’initiative de Jimmy Dacquin, patron du réseau de micro-crèches Ô P’tit Mômes et de la franchise du même nom, s’engage avec le Collectif Je soutiens ma crèche pour l’ensemble du secteur privé, crèches et micro-crèches. Avec le soutien de la FFEC et de la Fedesap, elle cumule plus de 7300 signatures.

La seconde, nommée « Sauve ma micro-crèche » lancée en parallèle par la Fesp et « Les Parents, Professionnels, gestionnaires pour la défense de la petite enfance » – sur fond de désaccord entre fédérations – ne concerne que les micro-crèches. Elle rassemble plus de 4000 signataires et bénéficie du soutien du REMi. 

Vent debout contre une réforme « dangereuse » 

Les signataires de la pétition de la Fesp accusent le gouvernement de porter « un projet de réforme particulièrement dangereux pour l’avenir de la Petite Enfance qui imposerait de nouvelles règles organisationnelles et structurelles irréalistes pour les micro-crèches dont les conséquences seraient dramatiques en termes de destruction de places d’accueil pour les familles et d’emplois ». Et regrettent que ce projet soit mené sans réelle concertation avec les représentants professionnels du secteur. Ils craignent notamment pour la pérennité économique des 7000 micro-crèches concernées « qui pour un grand nombre d’entre elles ne pourrait supporter les surcoûts engendrés par ces réformes » et les emplois de leurs 35 000 salariés en poste. Par cette pétition, ils appellent le gouvernement à renoncer à son projet de réforme et à engager les réformes urgentes que tous attendent (revalorisations salariales, formation des professionnels, financements publics qui suivent l’augmentation des coûts, soutiens aux CAP AEPE, des règles de contrôle et d’évaluation claires, justes et identiques pour tous…

La pétition portée par Jimmy Dacquin et le collectif, dénonce un projet qui risque « de mettre en danger de mort économique, 120 000 places de crèches et micro-crèches privées et les emplois de leurs 50 000 salariés, 7000 micro crèches et les emplois de 30 000 salariés, les emplois de dizaines de milliers de parents qui seront sans solution une fois les portes des crèches privées closes… ». Ils déplorent que les administrations demandent aux crèches et micro-crèches privées comme publiques « de faire toujours mieux et plus avec moins », sans tenir compte des réalités de terrain. Et appellent à ce que « la Petite Enfance retrouve un vrai pilote » et que soient engagées sans délai les concertations effectives pour des réformes urgentes,

Une opération « Crèches mortes » 

Malgré leurs divergences, les fédérations et gestionnaires du secteur seront – en principe -rassemblés pour mener à bien l’opération « Crèches mortes », qui devrait accroitre la pression sur le gouvernement. Comme annoncé à Agnès Canayer et Paul Christophe dans un courrier dès décembre dernier, toutes les crèches et micro-crèches adhérentes à ces fédérations fermeront à 16 h le 3 février prochain. Et ce ne sera qu’un coup d’essai ! Ces fermetures anticipées pourront bien sûr être reconduites… 

Lire les pétitions 

https://www.change.org/p/sauve-ma-micro-crèche

https://www.change.org/p/je-soutiens-ma-crèche

Laurence Yème

PUBLIÉ LE 14 janvier 2025

MIS À JOUR LE 20 janvier 2025

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2 réponses à “Le secteur privé lucratif lance deux pétitions pour alerter sur la situation des crèches et micro-crèches”

  1. benedicte_4734 dit :

    quel choix de titre pour cet article ! Tout le monde pense déjà que privé veut dire lucratif, pourquoi renforcer l’idée en mettant les 2 mots ? En tant que petit acteur du privé avec 3 micro-crèches, je fatigue d’entendre dire que nous sommes lucratifs. Bien souvent, si et seulement si nous sommes en permanence remplis, nous couvrons nos frais et nous avons une marge de manoeuvre très mince. Elle peut être plus importante si nous visons la qualité minimum et que nous nous contentons des ratios adultes-enfants demandés par les décrets qui régulent notre activité. Mais si on vise la meilleure qualité possible, qu’on augmente le taux d’encadrement, qu’on a de beaux locaux et qu’on n’a pas lésiné sur l’emprunt pour faire un beau projet, alors il rentre autant d’argent qu’il en sort, et on est juste contents que ça tienne et que nos coûts en constante augmentation restent inférieurs au CA. Cette pétition a raison de mettre en garde sur le plafond horaire à respecter pour la PAJE car il n’a pas bougé depuis 2015 alors que l’inflation a fait monter le SMIC de 24% sur cette période, et que le coût de revient moyen toutes crèches confondues dépassait déjà les 10€/h en 2015 et a du évoluer avec l’inflation. Ne pas le réévaluer finira par engendrer des coûts qui dépasseront les tarifs, et une baisse de la qualité en réduisant notamment la masse salariale. Quant à la proposition de devoir remplacer les CAP AEPE par 40% de diplômés d’état, notamment auxiliaires puéricultrices, elle est complètement déconnectée des numerus clausus des écoles d’auxi, et du choix de ces dernières entre la crèche et l’hôpital. Et elle est très méprisante vis-à-vis de bon nombre de personnes titulaires du CAP. La mesure que j’attends depuis 10 ans, c’est que l’état crée un diplôme de niveau BAC+1 dans la filière éducative, qui serait reconnu comme un diplôme d’état au même titre que auxiliaire puer, et qui rétablirait un peu de justice dans le regard qui est porté sur les CAP. Le CAP, c’est juste la porte d’entrée la plus simple et presque la seule disponible, mais une belle proportion des personnes qui l’obtiennent lors de reconversion ont déjà des diplômes universitaires en poche, et seraient parfaitement en capacité d’obtenir un diplôme un peu plus complet de niveau BAC+1. Et le passage de BAC+1 à BAC+3 en reprenant les études ou en VAE serait plus aisé que de passer du niveau CAP à BAC+3. J’ai hélas souvent l’impression que les politiques qui font les lois sur nos métiers n’ont aucune idée de nos métiers, et c’est un constat pour le moins dérangeant.

    • Laurence Yème dit :

      Merci pour votre commentaire Bénédicte. Nous précisons en effet privé « lucratif » car, comme vous le savez il existe également des lieux d’accueil appartenant au secteur privé non marchand : des structures privées associatives, mutualistes ou de l’Economie Sociale et Solidaire. Dont l’engagement mérite que l’on fasse cette distinction, qui n’est cependant pas péjorative !

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