Les élus des villes éducatives regrettent que la politique petite enfance soit confiée à Damien Abad
Les élus du Réseau Français des Villes Educatives (RFVE) réagissent à la publication des récents décrets d’attribution, définissant les contours encore très flous de la politique de la petite enfance du prochain quinquennat.
Nous l’annoncions ces deux dernières semaines au fil de la parution des décrets d’attribution, la petite enfance sera un sujet interministériel. Damien Abad, le ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées semble néanmoins être le chef de file de la politique de la famille et de la petite enfance du prochain quinquennat, mais devra cependant partager quelques sujets avec trois ministres, à savoir Brigitte Bourguignon, Isabelle Rome, et Charlotte Caubel.
Dans un communiqué paru ce jour, le Réseau Français des Villes Educatives (RFVE) – qui réunit les élus de 120 villes particulièrement impliquées dans le parcours éducatif des enfants dès la petite enfance – se dit « désagréablement surpris de constater qu’en plus des missions déjà attribuées au ministre Damien Abad – en charge des solidarités, de l’autonomie, des personnes handicapées, des politiques liées à la famille, aux personnes âgées et à la perte d’autonomie – lui était également confiée la politique de la petite enfance ». Un choix qu’il juge peu pertinent compte tenu des polémiques judiciaires qui entachent encore son nom.
Compte tenu de l’importance des enjeux des mois à venir – à savoir la pénurie de professionnels qui paralyse le secteur, la perspective de création d’un service public de la petite enfance, le suivi des 1000 premiers jours – l’association déplore qu’un Secrétariat d’Etat n’ait pas été entièrement dédié à la petite enfance « afin d’affronter une situation particulièrement critique dans de nombreux territoires et aggravée par la crise sanitaire. »
Pour le RFVE, « des mesures d’urgence sont nécessaires pour pallier les difficultés de recrutement qui entravent tant la qualité que la capacité d’accueil de nos établissements d’accueil de jeunes enfants. Ces mesures ne peuvent attendre les deux ans de travail du Comité de filière. »
Bien consciente de l’urgence de la situation, Elisabeth Laithier, la présidente du Comité de filière, a tenu à mettre les choses au point suite aux déclarations des élus du RFVE : « Pas question bien sûr d’attendre 2 ans : dès la fin du mois, grâce aux travaux collectifs du comité de filière Petite Enfance, des étapes indispensables seront franchies. » A bon entendeur…
PUBLIÉ LE 13 juin 2022
MIS À JOUR LE 13 janvier 2023