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Manifestation du 8 octobre : Pas de bébés à la consigne appelle les parents à se mobiliser

Dans une lettre publiée ce 14 septembre, le collectif « Pas de bébés à la consigne » invite les parents à participer, aux côtés des professionnels, à la journée nationale de manifestation le 8 octobre.

 

« Chers parents, Vous le savez, les tout-petits ont besoin de beaucoup d’attention et de disponibilité pour grandir tranquillement, expérimenter le monde, pour devenir demain des adultes autonomes et épanouis.» C’est par ce rappel que le collectif Pas de bébés à la consigne ouvre sa lettre adressée aux parents. Ce n’est pas la première fois, à chaque mobilisation, le collectif rappelle aux familles les raisons de l’appel à la grève. S’appuyant sur différents rapports et publications parus depuis 2023, le collectif rappelle que « les conditions d’accueil se sont détériorées dans beaucoup de crèches ». « Plusieurs ouvrages ont été publiés qui décrivent les crèches privées lucratives comme machines à profit (intéressant les fonds de pensions et d’investissement) : qualité d’accueil et respect des professionnel.le.s y sont sacrifiés, c’est tout le secteur qui se voit ainsi tiré vers le bas.», ajoute le texte. Une dégradation qui fragilise a fois la qualité de l’accueil des enfants et le respect des professionnels

Des réformes directement mises en cause

Dans sa lettre, Pas de bébés à la consigne attribue cette situation aux réformes conduites par les gouvernements successifs. Le collectif cite notamment, le « taux d’encadrement des bébés pouvant passer en crèche de 5 à 6 », l’« accueil d’enfants en surnombre rendu possible tous les jours de la semaine », le « recrutement autorisé de 15% de personnels sans aucun diplôme ni expérience auprès de jeunes enfants », mais aussi les « dérogations au niveau de qualification des professionnels dans les microcrèches », ou encore la « surface minimale par enfant réduite dans les agglomérations denses en population ». Il dénonce également une formation continue « tout à fait insuffisante » et des possibilités de promotion professionnelle « très difficiles pour les moins qualifiés ».

La question du reste à charge supporté fait également partie des inquiétudes. Pour celles qui recourent à une assistante maternelle, le système demeure, selon le collectif, « toujours profondément inégalitaire pour celles recourant à une assistante maternelle, le gouvernement ayant annoncé un alignement en 2025 dont on attend toujours la concrétisation en 2026 pour s’en réjouir…» Le collectif fait ici référence à la réforme du CMG dont les effets restent encore à mesurer. « Mesure après mesure, les gouvernements successifs ont sciemment remis en cause la qualité d’accueil de vos enfants », souligne le collectif, qui considère que le projet de service public de la petite enfance (SPPE) « n’est pas à la hauteur ».

« Accueillir chaque enfant et ses parents avec attention et respect »

La lettre précise ce que devrait garantir un véritable SPPE : « l’universalisme », « l’accessibilité », « la gratuité » progressive et enfin « la qualité d’accueil ». Les professionnels souhaitent pouvoir : « Accueillir chaque enfant et ses parents avec attention et respect » ; « Prendre le temps d’une relation individualisée avec chaque enfant »;  « Être formé et disposer des compétences appropriées (éducation, éveil, sécurité affective, maternage, soin, alimentation, hygiène, etc.) » ; « Organiser les réunions indispensables à la réflexion sur le travail d’équipe et à l’accompagnement de chaque enfant »; « Répondre aux besoins spécifiques des enfants et de leurs parents rencontrant des situations particulières : handicap ou maladies chroniques, difficultés sociales, psychologiques ou économiques, recherche de solutions pour les besoins en horaires atypiques…»

Un appel aux parents pour le 8 octobre

Le collectif réitère une nouvelle fois ses demandes :

  • Un taux d’encadrement minimal d’un adulte pour quatre bébés et d’un adulte pour cinq enfants en crèche à l’horizon 2030.
  • La formation de 15 000 professionnels par an pendant cinq ans,
  • Des conditions de travail dignes
  • La reconnaissance des assistantes maternelles comme professionnelles de la petite enfance avec un accès garanti à une formation continue de qualité et un financement et des salaires à la hauteur des enjeux

  • La convergence effective du reste à charge pour tous les parents quel que soit le mode d’accueil sur la base du quotient familial, premier pas vers la gratuité des modes d’accueil

La lettre termine par un appel direct : « Parents, nous vous appelons à participer à la journée nationale de manifestation avec les professionnels jeudi 8 octobre 2026. »

Les lieux de rassemblement seront bientôt communiqués sur le site et les réseaux sociaux du collectif.

PUBLIÉ LE 14 septembre 2026

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