S’abonner

Maltraitance chez l’enfant : il faut sortir du déni pour l’Académie nationale de médecine

Dans un communiqué qu’elle vient de publier, l’Académie nationale de médecine souligne l’importance cruciale de reconnaître et de traiter la maltraitance chez l’enfant, un problème souvent nié malgré ses conséquences graves sur la vie physique et psychique des victimes.

La Convention des Droits de l’Enfant, adoptée par l’ONU en 1989, a élargi la définition de la maltraitance pour inclure les enfants en danger, couvrant les agressions physiques, psychologiques, sexuelles, ainsi que les négligences. La maltraitance peut affecter tous les milieux sociaux et une mauvaise représentation médiatique peut retarder la reconnaissance des signes de maltraitance. Le déni et l’absence de diagnostic augmentent le risque de répétition des violences, pouvant mener à des séquelles graves voire au décès de l’enfant.

Nécessité d’une prise en charge immédiate et spécialisée

Devant le moindre soupçon de maltraitance, une hospitalisation immédiate est nécessaire pour protéger l’enfant et évaluer sa situation. Les signes de maltraitance sont variés et parfois cachés, rendant le diagnostic difficile et nécessitant une expertise pédiatrique spécialisée. Les blessures infligées aux enfants maltraités sont souvent plus graves que celles des accidents, incluant des lésions cutanées, des fractures, des lésions cérébrales et oculaires. Le diagnostic doit être posé par une équipe pluridisciplinaire après une analyse rigoureuse du contexte médical. Les effets de la maltraitance psychologique peuvent se manifester des années plus tard, affectant le développement de l’enfant.

Approche globale et préventive

La prise en charge de la maltraitance infantile doit inclure l’enfant, sa famille et l’auteur de la maltraitance, avec pour priorité la protection de l’enfant. Les professionnels de santé se trouvent dans une position délicate, devant protéger l’enfant sans savoir souvent qui est l’auteur des violences. L’enquête sur les faits relève des autorités judiciaires. La prévention et la sensibilisation aux effets néfastes du déni sont essentielles. L’Académie nationale de médecine encourage vivement les recherches en matière de prévention pour mieux protéger les enfants maltraités.

Source : www.academie-medecine.fr

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 30 mai 2024

MIS À JOUR LE 10 juin 2024

Ajouter aux favoris

Laisser un commentaire