MAM de Yerres : l’Ufnafaam réagit
Dans ce qu’il est convenu désormais d’appeler l’affaire de la MAM de Yerres – l’accueil de 17 enfants par deux assistantes maternelles dont une sans agrément à l’Atelier des petits – on a peu entendu les associations ou syndicats représentant les assistantes maternelles. Une sorte de silence gêné. Sandra Onyszko, porte-parole de l’Ufnafaam réagit ici. Moins sur l’affaire elle-même que sur les réponses ou explications qui ont pu être apportées par les administrations ou organismes mis en cause. Et tout particulièrement la PMI.
D’emblée, Sandra Onyszko adopte une position claire quant aux faits : « Jamais une seule assistante maternelle ne pourrait excuser une maltraitance sur un enfant. Il demeure essentiel que ce qui porte les professionnels qui accompagnent les enfants reste la bienveillance avant même toute forme de connaissance. D’office, nous condamnons ces assistantes maternelles en déplorant qu’elles puissent faire partie de notre corporation. ».
Ne pas instrumentaliser ce fait divers
Voilà, c’est dit ! Mais la porte-parole de l’Ufnafaam n’en reste pas à ce constat-condamnation. Elle souhaite préciser : « Néanmoins, il ne faudrait pas utiliser une déviance inexcusable pour proposer des mesures inappropriées comme ce que propose la PMI de l’Essonne – à savoir renforcer les suspensions et les contrôles – car ceci risque de transformer des interrogations légitimes par des conflits horizontaux verticaux où chacun défendra son territoire. »
Un accompagnement régulier et bienveillant
Et plutôt que de commenter « ce fait divers » alors qu’une enquête est en cours et que, seule, elle, pourra éclairer les faits et établir les responsabilités de chacun, Sandra Onyszko pense que « la question de fond ici finalement à se poser est : faut-il utiliser les contrôles pour trouver des moyens à la qualité ou y a-t-il d’autres manques qui pourraient expliquer cette triste affaire ? ». Et de préciser : « Pour l’Ufnafaam, il demeure prioritaire d’accompagner régulièrement les assistantes maternelles pour voir disparaitre ces maltraitances qui n’auraient jamais dû voir le jour. La connaissance, la transmission d’un savoir et l’observation pendant cet accompagnement permettra d’éradiquer définitivement ces déviances, les contrôles ici peuvent permettre de les vérifier à l’instant T ».
Non aux solutions coercitives
Sandra Onyszko poursuit son analyse en s’inscrivant en faux contre un renforcement des contrôles. « A l’inverse, explique-t-elle, partir d’un seul fait pour conclure à des solutions coercitives imposées à toute une profession, renvoie aux professionnels qu’ils sont un danger pour les enfants et qu’ils font mal leur métier alors qu’on connait également les insuffisances d’accompagnement des services de PMI vers les assistantes maternelles, du fait de plusieurs facteurs ».
Et la porte-parole de l’Ufnafaam conclut : « Dans cette triste affaire, qui nécessite de réfléchir ensemble pour trouver des solutions ensemble, permettant de réassurer et les familles et les professionnelles, ne cherchons pas un rival, mais une collaboration verticale et non par des propositions coercitives qui ne permettront que de détourner le regard face aux manques de formation et d’accompagnement liés à ces professionnels. »
Catherine Lelièvre
PUBLIÉ LE 30 juillet 2026