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Micro-crèches : « Les réactions alarmistes détournent l’attention des véritables enjeux », alerte le SNPPE

Alors que la polémique sur le projet de décret visant à renforcer les contraintes pesant sur les micro-crèches ne retombe pas, le Syndicat National des Professionnels de la Petite Enfance (SNPPE) en appelle à une concertation et pointe des dispositions « inacceptables ».

Un projet de décret concernant les micro-crèches présenté au Comité de filière Petite enfance le 28 novembre dernier a mis le feu aux poudres. Celui-ci prévoit un renforcement des contraintes réglementaires pesant sur les employeurs de micro-crèches pour améliorer la qualité d’accueil. L’objectif : l’alignement du régime des micro‐crèches sur celui des crèches du secteur public. Il n’en fallait pas plus pour déclencher la colère des représentants du secteur privé lucratif : la FFEC, la FESP, le REMi et la Fedesap. Dans un communiqué publié lundi, les signataires s’insurgent contre le texte qui  « envisage de détruire un modèle » (…) « au mépris des salariés de ces structures. » Selon les organisations patronales « 6500 structures, 80 000 places d’accueil et plus de 3500 professionnels seront menacées. » si ce décret est publié.

Un discours alarmiste qui n’est pas du goût du SNPPE

Dans un communiqué publié ce mercredi, Le Syndicat National des Professionnels de la Petite Enfance déplore « des postures conflictuelles qui ne servent ni les professionnel·le·s, ni les familles, ni les enfants. » en rappelant « que le projet de décret vise à mettre fin à des pratiques dérogatoires, notamment en termes de qualifications et de ratios d’encadrement.» Des changements organisationnelles qui doivent être anticipés et faire l’objet d’un dialogue pour faciliter leur mise en oeuvre.  « (…) le recours systématique à la désinformation pour décrédibiliser ces évolutions nuit à l’ensemble de la profession.», ajoute le SNPPE faisant référence au communiqué commun des gestionnaires du privé. « Les réactions alarmistes de certains gestionnaires, qui se présentent comme des victimes, détournent l’attention des véritables enjeux. Ces postures mettent en péril les efforts pour renforcer la reconnaissance et la professionnalisation des métiers de la petite enfance, qui restent au cœur des préoccupations du SNPPE.»

Un appel à la concertation

Pour autant, le syndicat ne cache pas son opposition à certaines dispositions du décret et notamment celle qui permet encore à un seul pro d’encadrer trois enfants simultanément. « Cette mesure met non seulement en danger la sécurité et le bien-être des enfants, mais aggrave également la charge mentale et physique des professionnel·le·s, déjà confrontés à des conditions de travail éprouvantes.» En conséquence, le SNPPE « invite l’ensemble des acteurs du secteur à la concertation afin de trouver des évolutions des financements garantissant à la fois la qualité et l’offre d’accueil pour les familles, mais aussi la revalorisation des salaires pour l’ensemble des professionnels, quel que soit le type de financement actuel ou futur des Établissements d’Accueil du Jeune Enfant (EAJE).»

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Candice Satara

PUBLIÉ LE 04 décembre 2024

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