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Mort subite du nourrisson : les images sur les paquets de couches non conformes aux recommandations de couchage

Selon une récente étude européenne, 79 % des emballages de couches présentant une image de bébé endormi sont non conformes à au moins une recommandation de prévention du syndrome de mort subite du nourrisson.


Le syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN) a été fortement associé à la position de couchage sur le ventre chez les nourrissons au début des années 1990. D’autres facteurs de risque liés à l’environnement de couchage ont également été identifiés, tels que des surfaces de couchage molles et le partage de la surface de couchage avec une autre personne. Des études épidémiologiques ont conduit à la création de recommandations internationales pour garantir un couchage sécurisé des nourrissons. A partir des années 1990, elles ont permis de réduire de 80 % l’incidence du SMSN en France. Il se situe aujourd’hui entre 250 et 350 décès par an. Les scientifiques notent toutefois, que dans plusieurs pays européens, y compris la France, les taux d’incidence du SMSN ne baissent plus ou le font très faiblement. La raison ? Des pratiques parentales non conformes aux recommandations.


Face à ce problème, des chercheurs de l’Inserm, de l’Université Paris Cité, de HEC Paris, de l’AP-HP et du CHU de Nantes, en collaboration avec d’autres institutions de recherche européennes, ont entrepris une étude en Europe. Ils ont examiné la conformité des images présentes sur les emballages de couches pour bébés, une image à laquelle les parents sont fréquemment exposés, vis-à-vis des recommandations pour le couchage sécurisé des nourrissons. Les résultats de leur étude ont été publiés dans The Journal of Pediatrics.


Des images contraires aux recommandations pour la prévention de la mort subite du nourrisson


Les chercheurs ont analysé systématiquement les emballages de couches pour nourrissons de moins de 5 kg vendus dans 11 pays européens, car ces nourrissons présentent le plus grand risque de SMSN. Pour chaque emballage, ils ont vérifié la présence d’une image d’un bébé endormi et, le cas échéant, si le bébé était en conformité avec au moins trois des sept recommandations de prévention du SMSN pouvant être évaluées à partir de l’image. Les résultats ont montré que 79 % des emballages avec une image de bébé endormi (soit 39 % de l’ensemble des emballages) étaient non conformes à au moins une recommandation de prévention du SMSN.


Ainsi, les images sur ces emballages montraient fréquemment un bébé endormi en position ventrale ou latérale (45 %), avec une literie ou des objets mous (51 %), ou partageant la surface de couchage avec une autre personne (10 %), ce qui est en contradiction avec les recommandations de couchage sûr pour les nourrissons.


Même constat du côté des sites pro


Les chercheurs ont mené le même genre de recherche sur les sites internet d’agences de santé et de sociétés savantes. Ils ont constaté là aussi des images non conformes aux recommandations pour la prévention de la mort subite du nourrisson. Cette constatation souligne un écart entre les messages diffusés sur les produits du quotidien et les sites institutionnels fréquentés par de nombreux parents, et les recommandations de prévention de la mort subite. Les chercheurs estiment que les fabricants et les législateurs doivent prendre des mesures pour éviter que les parents soient exposés à des images commerciales ou officielles qui ne respectent pas les recommandations de sécurité en matière de couchage pour les nourrissons.


Source : Inserm

 

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 23 octobre 2023

MIS À JOUR LE 24 octobre 2023

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