Pas de bébés à la consigne appelle à la mobilisation le 6 juin prochain
En parallèle du communiqué « Des mesures concrètes pour la qualité d’accueil des tout petits : MAINTENANT ! » publié le 10 mai dernier, Pas de bébés à la consigne a organisé ce jour une conférence de presse. L’occasion de revenir sur le futur SPPE, le rapport de l’IGAS sur les crèches et d’inviter tous les professionnels de la petite enfance à descendre dans la rue le 6 juin prochain.
La qualité d’accueil avant tout !
Pas de bébés à la consigne multiplie les initiatives pour mettre la pression sur le gouvernement dont il attend des annonces fortes, notamment suite au rapport de l’IGAS. Lors de la conférence de presse qui s’est tenu dans les locaux de l’association Pikler Loczy France dans le 14e arrondissement de Paris, le collectif, par la voix de Julie Marty-Pichon d’abord, a rappelé les mesures concrètes pour la qualité d’accueil des jeunes enfants qu’il attend, parmi lesquelles : des niveaux élevés de qualification professionnelle, des taux d’encadrement importants, une taille restreinte des groupes, le respect du rythme spécifique des bébés, du temps et de la disponibilité accordés aux enfants et familles, la stabilité du personnel, l’implication des parents, l’adéquation des locaux, le sens que trouvent les professionnels au travail, les temps de réflexion sur les pratiques et les formations professionnelles. « Cela fait 15 ans que le collectif énonce ces choses-là ! » a souligné Julie Marty-Pichon.
Un SPPE englobant tous les modes d’accueil et pour tous les enfants
Puis le collectif a expliqué sa vision du SPPE en cours de construction. Ce SPPE, soit absolument selon lui, comprendre aussi bien l’accueil collectif qu’individuel. Permettre aux familles de pouvoir choisir le mode d’accueil qu’elles souhaitent sans que l’aspect financier entre en compte. Pour cela, il faut une offre suffisante sur tout le territoire et une plus grande équité au niveau du reste à charge. Ce SPPE doit pouvoir accueillir tous les enfants. « Au-delà de ces principes, a indiqué Julie Marty-Pichon, se pose la question du modèle économique des structures, notamment de celles collectives, qui est basé sur l’activité à l’acte. Cette tarification est à revoir parce qu’elle a des conséquences assez néfastes sur les professionnels, engendre une grande pression et pousse au remplissage. » La tarification Paje, en a elle aussi pris pour son grade : « les structures collectives sont censées garantir la mixité sociale or c’est un financement qui écarte ce principe de mixité sociale », a expliqué Julie Marty-Pichon. Puis a ajouté : « Le SPPE pose aussi la question de la marchandisation du secteur. Nous sommes favorables à ce que les politiques publiques soient exemptes de marchés, de concurrences et d’entreprises. » Et Birgit Hilpert de prévenir : « On ne veut pas d’un SPPE au rabais ! Tous les critères de qualité reconnus au niveau international, et repris en partie par l’IGAS dans son rapport, doivent être présents. »
« Des préconisations (NDLR : de l’IGAS) que le gouvernement ne doit pas ignorer »
Pas de bébés à la consigne, lors de cette conférence de presse, a aussi largement abordé le rapport de l’IGAS sur les crèches. « Il met en exergue toutes ces choses que nous évoquons depuis 15 ans ! » a rappelé Julie Marty-Pichon. « On a le sentiment d’être enfin entendues », a aussi confié Céline Lemaire du collectif, qui a également souligné : « Les préconisations de l’IGAS, le gouvernement ne doit pas les ignorer. Il est essentiel d’adopter un plan d’urgence pour instaurer enfin la qualité des modes d’accueil que le collectif revendique depuis tant d’années », a-t-elle insisté. Emilie Philippe du collectif est, pour sa part, comme c’est le cas dans le communiqué, revenue sur certaines des recommandations de l’IGAS complétées par celles de Pas de bébés à la consigne (cf actu Rapport IGAS sur les crèches : Pas de bébés à la consigne appelle à des mesures rapides et concrètes).
Une mobilisation le 6 juin
Enfin, le collectif a annoncé qu’il allait se joindre à la journée de mobilisation relative à la réforme des retraites organisée par l’intersyndicale. Et invite tous les professionnels de la petite enfance à participer au mouvement. En pratique, un rassemblement spécifique à la petite enfance est prévu le matin à Paris devant le ministère des Solidarités et de la Santé. Puis, Pas de bébés à la consigne se joindra aux différentes manifestations sur le territoire. Il a toutefois laissé entendre que si, d’ici là, le gouvernement apportait des réponses concrètes, des mesures fortes et « suffisamment de garanties », « la question de poursuivre la mobilisation se poserait ». Mais, pour l’heure, le collectif donne rendez-vous aux pros le 6 juin ! Et espère une mobilisation d’envergure comme cela avait été le cas le 6 octobre dernier. Plus de 70 villes s’étaient en effet mobilisées.
C.F.
PUBLIÉ LE 15 mai 2023