Procès People&baby : 10 mois de prison avec sursis pour les deux salariées de la crèche de Villeneuve d’Ascq
Deux anciennes salariées de la crèche People&baby de Villeneuve-d’Ascq (Nord) ont été condamnées à 10 mois de prison avec sursis pour violences volontaires physiques et psychologiques sans incapacité sur neuf enfants, accueillis entre 2019 et 2021. Une affaire largement médiatisée par la sortie du livre les Ogres de Victor Castanet, quelques jours avant le début du procès.
Le tribunal correctionnel de Lille a rendu son verdict ce lundi 7 octobre en l’absence des prévenues, dans l’affaire des deux salariées de People&baby, jugées pour violences. Le parquet avait requis six et douze mois de prison contre l’ancienne directrice et son adjointe infirmière. Les avocates des prévenues avaient elles, demandé la relaxe de leurs clientes. Elles ont finalement été condamnées à dix mois de prison avec sursis, assortis d’une interdiction d’exercer une activité en contact avec des mineurs pendant trois ans pour l’une et cinq ans pour l’autre. Selon l’AFP, la Cour a estimé, lors du délibéré, que « les conséquences néfastes » de ces violences avaient pu être établies par « des expertises psychologiques et des témoignages de parents ». Elle a également pointé des tensions liées à la charge de travail au sein de la structure, et le « travail à la chaine » dénoncé par une ancienne salariées, indique l’AFP.
Un procès médiatique, à huis clos
Pour rappel, le procès avait débuté cinq jours après la sortie des Ogres, le livre enquête de Victor Castanet dans lequel le journaliste – présent tout au long du procès – dénonce les dérives des crèches privées, et tout particulièrement du groupe People&baby. Le cas des maltraitances de cette crèche de Villeneuve-d’Ascq y figure en bonne place… En raison de l’âge des enfants, le procès s’était finalement tenu à huis clos à la demande des parents. Mais la demande de report en raison du contexte médiatique avait été refusée, la procureure rappelant qu’il ne s’agissait pas là de faire « le procès du système des crèches privées ». On ne sait pas encore si l’ex-directrice et son adjointe vont faire appel de la décision du tribunal.
Laurence Yème
PUBLIÉ LE 07 octobre 2024
MIS À JOUR LE 08 octobre 2024