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Rapport de l’Onape : les micro-crèches Paje boostent une offre d’accueil en hausse  

L’Observatoire National de la petite enfance publie, ce lundi 16 décembre, son rapport annuel piloté par la Cnaf. Il fait l’état des lieux de l’accueil du jeune enfant en 2023, dans la perspective de la mise en place du service public de la petite enfance le 1er janvier prochain. Et confirme les tendances amorcées les années précédentes.   

La baisse de la natalité en France se poursuit à un rythme plus élevé. En 2023, 678 000 bébés sont nés en France, soit 48 000 de moins qu’en 2022 (- 6,6 %) mais environ 20% en dessous du niveau de 2010. Le nombre d’enfants de moins de 3 ans a donc baissé, au 1er janvier 2024 on en recensait près de 2 millions de tout-petits. Et le rapport souligne que 20% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté, tout particulièrement dans le cas des familles monoparentales.

Le boom des micro-crèches Paje

Dans ce contexte, le nombre de places d’accueil en mode d’accueil formel est à la hausse en France. En 2022, 1,3 millions de places étaient proposées aux familles (+0,4% par rapport à 2021), soit un taux de couverture de 60,3%. Une légère progression qui s’explique par la baisse du nombre d’enfants de moins de trois ans évoquée et l’augmentation de l’offre de places en micro-crèches Paje, dont le nombre a augmenté de près de 12% en 2023. Notons que 92% d’entre elles appartiennent au secteur privé lucratif, les 2% restants sont associatives.

En 2022, on comptait 507 100 places d’accueil en Eaje (39% de l’offre globale). Avec une progression correspondant à la création nette de + 15 900 places entre 2021 et 2022 (soit +3,2%), dont 15 700 places en micro-crèche Paje ! Un mode d’accueil qui ne représentait néanmoins que 6% de l’offre d’accueil formel en 2022. Le nombre de places en crèches Psu est lui resté stable avec 420 400 en 2023 (soit 32% de l’offre globale). Le rapport relève cependant la baisse du nombre de places proposées en crèche familiale qui se poursuit (-8,4%) et le développement rapide des micro-crèches Psu (+10,4%).

Le secteur privé est donc le plus dynamique avec une hausse de presque 30% depuis 2019. Le secteur associatif se maintient, et le secteur public (collectivités locales) baisse depuis 2021, même si les collectivités locales restent le type de gestionnaire majoritaire. Une évolution que le rapport explique par le développement des DSP.

Toujours en baisse, les assistants maternels restent majoritaires

Les assistants maternels restent cependant le premier mode d’accueil formel en France. Ils représentent 52% de l’offre globale avec 684 600 places. Mais la chute du nombre de places en accueil individuel, amorcée en 2014 se poursuit en 2022 avec 11 700 places en moins (-1,7%), en très léger ralentissement par rapport à 2021 (-14 200 places soit 2%). Le rapport de l’Onape l’explique par la baisse du nombre de professionnels, compensée par la hausse du nombre d’enfants autorisés dans les agréments et l’augmentation de la proportion d’enfants de moins de trois ans parmi les enfants accueillis. La garde à domicile était également en baisse en 2023 (-2,4%).

En 2023, on comptait donc 237 100 assistants maternels en activité, dont le nombre est en baisse depuis 2013 (-4,3%), tandis que leur âge moyen augmente : de 44,6 ans en 2006 à 48,6 ans en 2023. Le rapport note que, compte tenu de la baisse du nombre d’assistants maternels, le nombre d’enfants de moins de 3 ans accueillis par assistant maternel augmente imperceptiblement. Tandis que le nombre d’heures déclarées s’accroit (+2,1% par rapport à 2022). Leur salaire net moyen annuel a augmenté de 10,1% par rapport à 2022, grâce aux revalorisations successives du Smic, et à l’augmentation du nombre moyen d’enfants accueillis.

La scolarisation dès 2 ans diminue

En revanche la scolarisation à 2 ans, en « toute petite section » continue à baisser pour atteindre seulement 9,3% en 2023, soit une baisse de 5,3% en 2023 par rapport à l’année précédente. Chiffre qui s’explique par une baissent tendancielle du nombre de naissances et l’entrée en vigueur de l’instruction obligatoire dès 3 ans par la loi Blanquer. La scolarisation à 2 ans représente tout de même 5% du nombre de places offertes.

Notons enfin que 16,7 milliards d’euros ont été investis par la Cnaf, l’État, les collectivités pour l’accueil des jeunes enfants. Un budget en hausse de 4,1% en 2023, dont plus des deux tiers ont été couverts par la Branche famille de la Sécurité sociale.

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Laurence Yème

PUBLIÉ LE 16 décembre 2024

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