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Réaction cinglante de la FFEC au rapport IGAS/IGF sur les micro-crèches

Depuis la sortie du rapport IGAS /IGF sur le financement des micro-crèches et la qualité d’accueil, la FFEC était restée silencieuse. La puissante fédération allait-elle traiter par le mépris ce rapport ou bien était-elle en train de fourbir ses armes pour le démonter ? Un communiqué assez assassin, publié aujourd’hui 3 avril, apporte la réponse !


 Le titre du communiqué est assez sobre : « Pour des réformes des micro-crèches en faveur de la qualité d’accueil des enfants et de la qualité de vie au travail des professionnels », mais ne reflète pas la teneur du texte écrit au vitriol. Car la FFEC n’est pas contente et le fait savoir dans ce communiqué diffusé ce mercredi après-midi 3 avril. Elle a pris le temps mais a fini par réagir plus de huit jours après la publication du rapport de la mission IGAS/IGF sur les micro-crèches commandé à l’automne dernier par Aurore Bergé, alors ministre des Solidarités et des Familles. Et, c’est point par point qu’elle démonte le rapport et ses 9 propositions, passant de l’ironie à la menace


Premièrement : un constat

Ce rapport de l’IGAS/IGF est « un rapport qui appelle à des réformes impactant l’intégralité des entreprises de crèches ». Une sorte de hors sujet… Il est vrai que la mission a été au-delà de ce qu’on lui demandait et, selon la FFEC, elle appelle dans toutes les crèches de toutes tailles et tous statuts « plus de contrôles (proposition 4 et 5), plus de qualité (proposition 1 et 2) et réduction des moyens financiers des gestionnaires privés (proposition 6, 7 et 8).»


Deuxièmement : un reproche

Selon la FFEC, voilà « un rapport à la méthodologie fouillée sur une partie des constats mais aux projections faibles ou inexistantes sur les conséquences qualitatives, quantitatives et organisationnelles d’une partie des propositions. » En clair : peut mieux faire ! Deuxième partie à retravailler…

Néanmoins la FFEC prend acte avec satisfaction du constat établi par la mission : « l’analyse des liasses fiscales, limitée aux gestionnaires du secteur privé lucratif, ne permet pas de mettre en évidence une surrentabilité des micro-crèches Paje » et « l’analyse de questionnaires et de données sociales ne permet toutefois pas d’objectiver un différentiel significatif de qualité de l’accueil ». Mais considère qu’elle n’en tire pas les bonnes conclusions et mesures. Et regrette que le rapport ne propose que des solutions augmentant les charges et appauvrissant les recettes. Cherchez l’erreur…


Troisièmement : une menace à peine voilée 

Pour la FFEC, il est clair que les 9 propositions mises à bout à bout vont provoquer : « la disparition de 100 000 places de crèches et micro-crèches ». Car note-t-elle « si la qualité d’accueil n’a pas de prix, elle a toujours un coût qui doit être objectivé et être le principal guide des reformes, dans l’intérêt supérieur de l’enfant. »


Conclusion : il faut une loi de programmation pour la petite enfance

 Après cette démonstration pleine d’amertume et de fiel, la FFEC appelle à « une loi de programmation ambitieuse pour la Petite enfance au service de la relance de la natalité, d’un éveil de grande qualité pour les enfants, de la revalorisation des professionnels de la petite enfance, conditions sine qua non du succès du Service Public et Universel de la Petite Enfance, et d’une meilleure égalité entre les femmes et les hommes. »

Et conclut qu’elle « sera disponible, comme elle l’a toujours été, pour participer à toute concertation ou groupe de travail annoncés par la ministre Sarah El Haïry lors du Printemps de la Petite Enfance (NDLR: organisé par Les pros de la petite Enfance), le 26 mars dernier. »


 

C.L

PUBLIÉ LE 03 avril 2024

MIS À JOUR LE 10 juin 2024

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