Réforme du travail social : 10 organisations professionnelles haussent le ton face à la disparition des diplômes d’État
Alors que la réforme du travail social vient d’être officialisée, plusieurs organisations professionnelles s’allient pour dénoncer la disparition programmée des diplômes d’État et une dégradation du niveau de formation des futurs professionnels.
Le 14 octobre 2025, les arrêtés définissant les nouveaux Référentiels Emplois Activités et Compétences, ainsi que les référentiels de formation et de certification des diplômes de niveau 6 du travail social (ASS, CESF, EJE, ES, ETS), ont été publiés au Journal Officiel. Signés huit jours plus tôt, ces textes sont parus dans le silence total des services de l’État, alors même qu’aucun ministre n’était en poste. « Jusqu’au bout, la DGCS (Direction Générale de la Cohésion Sociale) aura pris le soin d’opérer dans l’opacité la plus totale, nous mettant encore une fois à l’écart. », déplore un communiqué signé par dix organisations syndicales*.
Vers la fin des diplômes d’État
Les organisations dénoncent une réforme vidant les diplômes d’État de leur substance. « À la lecture des textes, nous pouvons affirmer sans détours que nos Diplômes d’État n’existeront plus et deviendront à partir de 2029 des diplômes d’école enlevant tout caractère national. ». La certification étant désormais confiée aux seuls centres de formation. L’épreuve conclusive – un dossier réflexif de 25 à 35 pages – remplacera le mémoire de pratique professionnelle, jusque-là garant d’un haut niveau d’exigence. « Ce dossier allège le travail demandé aux étudiant.es. C’est à se demander si la société a besoin de professionnel.les hautement qualifié.es dans le travail social capables d’analyse et de réflexion ?» Pour les syndicats, cette réforme répond avant tout à une logique d’« employabilité ».
Des formations uniformisées et allégées
Le contenu des formations subit une profonde uniformisation. Le bloc de compétences 2 devient commun aux cinq diplômes, réduisant les heures spécifiques à chaque métier : de près de 1000 heures, elles passeront à environ 670 dès 2026. « En quoi cette réforme garantit la qualité de la formation quand le contenu est à ce point uniformisé? Peut-on considérer que perdre plus de 300h en petite enfance ou en accompagnement social ou en éducation spécialisée est un gage de qualité de formation ?», s’interrogent les syndicats. La mobilisation des organisations professionnelles aura toutefois permis d’obtenir une avancée : le bloc 2 ne fera finalement plus l’objet d’une dispense automatique pour les titulaires d’un diplôme du même niveau, mais seulement d’un allègement.
Un front syndical pour défendre la qualité
Face à cette réforme, les organisations signataires appellent à défendre une formation initiale exigeante, capable de préparer les futurs diplômés aux réalités du terrain et aux besoins des publics accompagnés. « Dans la période actuelle, il est important d’œuvrer encore et toujours ensemble avec nos partenaires représentant.es du Travail Social, face à la dégradation sévère des 5 Diplômes d’Etat du Travail Social (dont le DEEJE) qui est en cours.», souligne la FNEJE en préambule du communiqué.
*ANAS – Association nationale des assistants de service social; C.E.R.P.E – Centre d’Études et de Recherches pour la Petite Enfance; CGT Action sociale; FNEJE – Fédération Nationale des Éducateurs.trices de Jeunes Enfants; France ESF – Association nationale des formateurs en Économie Sociale et Familiale; L’Horizon – Formations aux métiers de la petite enfance; L’IRE – L’Institut de Recherche et d’Études; SNPPE – Syndicat National des Professionnel·le·s de la Petite Enfance; SNUAS-FP FSU – Syndicat National Unitaire des Assistants Sociaux de la Fonction Publique; SUD Santé Sociaux
Pièce jointe :
Communique-Reforme-DE-Trav.Soc_.-24.10.25.pdf
927.52 Ko
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Candice Satara
PUBLIÉ LE 27 octobre 2025