Débat autour du référentiel : un dialogue de sourds
02 septembre 2025Ce matin la psychologue Caroline Goldman et l’Igas Jean-Baptiste Frossard étaient invités du « débat du jour » de La Grande matinale de France Inter pour répondre à la question posée par Nicolas Demorand : « L’éducation positive est-elle vraiment prônée » dans le référentiel national de la qualité d’accueil du jeune enfant – à nouveau qualifié de « guide de bonnes pratiques à destination des professionnels des crèches » – et « est-ce un problème ? ». « Ce qui m’inquiète et que je dénonce assez régulièrement (…) c’est l’explosion des troubles du comportement liés à une mauvaise interprétation de l’éducation positive, elle-même influencée par des personnalités qui ont tordu l’éducation positive (…) il faut contenir, il faut cadrer, il faut éduquer », a résumé Caroline Goldman au micro. Expliquant reprocher au référentiel de nier cette importance de contenir, bien que – selon elle – les intitulés laissent entendre que cette conscience est là.
Invité à réagir, Jean-Baptiste Frossard a pu rappeler ce qu’est vraiment le référentiel qualité et la manière dont il a été conçu. « Le référentiel le dit de manière explicite : il faut un cadre éducatif, fait de règles, de repères, de limites, qui permet de sécuriser l’enfant (…) mais ce cadre est posé sans attitude répressive, punitive, brutale. On construit une véritable autorité éducative », a-t-il affirmé, évoquant la valeur de l’exemple sur le comportement. Un dialogue de sourds. Car pour Caroline Goldman, « 80% de ce rapport est bon ! » ! Seuls un certain nombre de passages sont mal écrits, entretenant un « flou qui nous enfume ! ». Elle regrette « l’encouragement à l’excitation », quelle que soit l’émotion qui anime l’enfant, qui transparait dans ce référentiel, et le manque de connaissances psychopathologiques et de clinique de ses auteurs. Le débat n’est pas clos…