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Les pleurs du bébé : nul n’est censé les comprendre de manière innée

28 août 2025

Le chercheur bioacousticien Nicolas Mathevon, auteur d’un ouvrage sur les pleurs du bébé, publie pour The Conversation un article intéressant au titre provocateur « Ce que les pleurs de bébé nous disent vraiment – et pourquoi l’instinct maternel est un mythe ». Premier constat d’une décennie de recherches à l’Université de Saint-Etienne et d’une étude menée a grande échelle : « il est impossible de déterminer la cause d’un pleur de bébé uniquement à partir de sa sonorité », affirme-t-il. Le pleur est un signal d’alarme et c’est la connaissance du contexte essentiel qui permet de le décoder. 

Le pleur ne signale donc pas la cause mais véhicule des informations importantes : l’identité vocale du bébé, son pleur unique qu’un parent pourrait certainement reconnaitre parmi d’autres. Et le message le plus important, le niveau de détresse du bébé, encodé dans son pleur, sa « rugosité acoustique ». Alors les mères sont-elles plus à même de décoder ces signaux instinctivement ? Pas selon ces chercheurs. Il n’y aurait aucune différence de performance entre père et mère, le seul facteur impactant étant bien sur le temps passé avec l’enfant. « La capacité à décoder les pleurs n’est pas innée ; elle s’acquiert par l’exposition », confirme Nicolas Mathevon.

Dernier point, le chercheur s’est intéressé à la réaction aux pleurs des « non-parents », au stress et a l’épuisement qu’ils peuvent susciter.  « S’occuper d’un enfant est une compétence qui se perfectionne avec la pratique, et elle remodèle physiquement le cerveau de toute personne dévouée, qu’elle ait ou non un lien de parenté avec le bébé ». Il souligne que le fait de savoir que l’on n’est pas censé « comprendre de manière innée » ce que signifie un pleur peut être incroyablement libérateur, lève une certaine culpabilité et permet de se concentrer sur sa tâche : vérifier le contexte, évaluer le niveau de détresse et trouver une solution, passant parfois par la coopération avec un tiers. A bon entendeur… 

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