Abonnés
Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance : « Les besoins sont criants, je sais qu’il y a urgence »
On la sent heureuse et pleine d’énergie. Sarah El Haïry ne cache pas sa satisfaction de reprendre du service en enfance et petite enfance, ses sujets de prédilection. Au cours d’un bref échange, la haute-commissaire à l’Enfance nous donne les contours de sa fonction et les grandes lignes de ce qu’elle souhaite impulser. Dans sa feuille de route, le SPPE bien-sûr.
« Je suis revenue de manière consentante et volontaire. Et je sais qu’il y a urgence », annonce d’emblée la toute nouvelle haute-commissaire à l’Enfance nommée en conseil des ministres le 5 mars dernier.
Sarah El Haïry connait bien Catherine Vautrin, les deux femmes s’apprécient et ont déjà travaillé ensemble. Elles se sont rencontrées dès sa nomination et ont pu établir une sorte de partage des sujets, même si précisément cela demande encore à être stabilisé. Et la haute-commissaire endosse sa nouvelle fonction avec enthousiasme et détermination.
A lire aussi : Sarah El Haïry, une haute-commissaire trés attendue
Protection, prévention et accompagnement
A priori la haute-commissaire interviendra dans trois grands domaines. La protection, la prévention et l’accompagnement.
Le volet protection, concerne la protection de l’enfance bien-sûr, mais Catherine Vautrin gardera le lead sur l’ASE et sa réforme, sujet qui lui tient particulièrement à cœur. En revanche Sarah El Haïry devrait travailler sur l’adoption en France. Son idée : essayer de faciliter les parcours pour que les délais, pénalisants autant pour le futur parent que pour les enfants, soient moins longs… « 6 ou 7 ans d’attente, c’est beaucoup trop long », dit-elle.
Mais dans ce volet protection, elle aura aussi à suivre la mise en œuvre du SPPE. « Je suis très attachée à la qualité d’accueil, à la façon dont elle peut se diffuser, à la formation… Je sais aussi qu’il faut travailler sur la pénurie et l’attractivité des métiers », explique-t-elle, elle qui avait suivi de près ces sujets lorsqu’elle était ministre.
Le volet prévention « touchera plus à la santé, mais aussi à la lutte contre les violences sexuelles, les maltraitances, le harcèlement, la santé mentale, la médecine scolaire », explique-t-elle.
L’accompagnement. Sarah El Haïry devrait reprendre le suivi de la politique des 1000 premiers jours, la lutte contre les écrans, bref, tous les sujets concernant l’accompagnement à la parentalité au sens large.
Un travail de coordination et d’organisation
Sarah El Haïry ne semble nourrir aucune frustration de ne pas être ministre. Au contraire. « Je vais avoir la stabilité pour avoir le temps de l’écoute, du dialogue, et de l’action en profondeur », se plait-elle à souligner. Pour elle, c’est là toute la force d’un haut-commissariat. Elle apprécie aussi ce que cette organisation permet : l’inter ministérialité, la coordination avec tous les acteurs privés et publics qui permettent de mettre en oeuvre les transformations initiées par le gouvernement.
Elle mesure aussi l’ampleur de la tâche : « les besoins sont criants ! », reconnait-elle.
Mobiliser, faire avancer les dossiers
Moins d’une semaine après sa nomination, Sarah El Haïry est en train de constituer son cabinet, et commence à réfléchir à la façon dont elle va structurer et organiser son action. Pas de doute, elle souhaite « s’appuyer sur ceux qui font » mais mettre un peu d’huile dans tous les rouages, fluidifier…
A ceux qui moquent son manque de moyens, la haute-commissaire répond : « Ce qui m’importe c’est de faire avancer un certain nombre de politiques, de mobiliser. Disposer d’une enveloppe financière directe n’est pas le sujet. Moi, mon sujet c’est d’agir et de négocier pour que l’argent soit mis là où on en a besoin ».
Catherine Lelièvre
PUBLIÉ LE 11 mars 2025