Ségur de la Santé : Plaidoyer pour les bébés "à risque"

Dans le cadre du Ségur de la Santé, l’ANECAMPS et ses partenaires ont adressé une lettre ouverte au ministère de la santé le 26 juin dernier. Ils alertent les pouvoirs publics sur la petite enfance vulnérable et en situation de handicap. Et rappellent l’importance d’agir tôt pour accompagner au mieux les jeunes de moins de 6 ans vers un développement optimal.

Dans un courrier du 26 juin adressé au ministre de la santé , consultable sur le site de la campagne « Handicap, agir tôt »,  l’Association Nationale des Equipes Contribuant à l’Action Médico-Sociale Précoce (ANECAMSP) , soutenue par de nombreux professionnels de la petite enfance, juge la situation des bébés à risque « très préoccupante ».

Agir tôt
Dans cette lettre ouverte, l’association souligne à quel point la situation de enfants nés prématurés ou en situation de handicap est spécifique. Ils nécessitent un accompagnement précoce pour « prévenir ou limiter le handicap, favoriser l’inclusion dans une société de droits ».

Accompagnement limité en raison de la pandémie
Mais la Covid-19 est passée par là. Et, en raison des mesures de protection sanitaires liées à la pandémie, « les retards de soins se sont accumulés et un grand nombre de situations des enfants et de leurs familles se sont dégradées ». La sortie du confinement n’a pas permis de retour à la normale. Les professionnels des CAMPS regrettent de ne plus être « en capacité de répondre aux situations » et de « devoir faire des choix » dans les priorités de suivis. « Les équipes ont le sentiment de sortir d’une crise aigüe et d’entrer dans une crise chronique ». En outre, elles soulignent que « des orientations programmées des CAMSP s’avèrent impossibles à réaliser par manque de places dans les structures d’aval ».

Attentes des décisions du Ségur de la Santé
L’ANECAMSP et ses partenaires insistent donc sur « l’urgence de santé publique » et réclament « des moyens à la hauteur des enjeux ». Parmi ceux-ci sont cités : l’augmentation des capacités d’accueil des CAMSP, la pérennisation du recours aux soins complémentaires par des professionnels libéraux et la nécessité de revaloriser les rémunérations des professionnels (en particulier des paramédiacaux du secteur associatif et hospitalier). Car « la santé du jeune enfant dépend de cette multiplicité d’acteurs ».

 
Article rédigé par : Marie-Sophie Bazin
Publié le 10 juillet 2020
Mis à jour le 10 juillet 2020