Sondage BVA : l'apprentissage de la vie en collectivité, premier rôle de la crèche selon 66% des parents

Hier jeudi 14 février, la fondation Apprentis d’Auteuil a publié les résultats de son sondage réalisé avec l’Institut BVA portant sur le point de vue des adultes quant aux missions prioritaires de la crèche et l’accès à ce mode d’accueil. Il s’inscrit dans la lignée de la Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté présentée en septembre dernier par le Président Emmanuel Macron. L’enquête a été menée en ligne entre le 15 et le 17 janvier auprès d’un échantillon représentatif de la population française. Elle s’est intéressée à quatre questions : les français et le rôle des crèches, leur opinion à l’égard de l’éducation des enfants, à l’égard de l’attribution des places en crèche, à l’égard des crèches. Voici ce qu’il en ressort.

1 parent sur 2 a choisi la crèche comme mode d’accueil
Les trois raisons principalement évoquées sont l’apprentissage de la vie en collectivité (62%), les tarifs (39%) et la qualification des professionnels (31%).
Les parents qui se sont tournés vers un autre mode de garde expliquent avoir privilégié un lieu plus pratique, des horaires plus souples ou plus adaptés, ou un accompagnement plus personnalisé.

Priorité à l’apprentissage de la vie collective et le développement de l’enfant  
Interrogés sur le rôle premier de la crèche, 61% des participants (et 66% des parents) ont répondu « apprendre à l’enfant la vie en collectivité » et 58% « favoriser l’éveil et le développement de l’enfant ». Concernant ce dernier, les actions prioritaires de la crèche consistent donc, par ordre décroissant, en l’apprentissage de la vie en collectivité, le développement de la motricité, le respect des rythmes qui favorisent le développement, l’apprentissage du langage ou l’éveil artistique et culturel de l'enfant. Comme l’explique Valérie Moulinier, directrice d’Auteuil Petite Enfance (filiale de la fondation qui gère ses structures d’accueil), cette attente de socialisation et de développement de l’enfant au sein des crèches, est d’autant plus importante dans les familles qui ne peuvent pas toujours offrir ces apports à leurs enfants. « Nous pensons notamment aux difficultés langagières de certains enfants (…) ».
Sont ensuite évoquées comme missions prioritaires « proposer une solution de garde à toutes les catégories de familles » (48%) et « tous les profils d’enfants » (37%).

Favoriser le soutien à la parentalité
Les parents interrogés sont 12% à estimer que la crèche doit accompagner les parents dans l’éducation de leur enfant. En effet 62% des parents avouent trouver difficile d’élever leur enfant, 56% se sentir régulièrement seuls dans cet exercice et 15% se tourner vers les structures d’accueil pour obtenir de l’aide et des conseils - après la famille, les amis et les professionnels de santé.

Faciliter l’accès des familles défavorisées à la crèche
Interrogés dans un deuxième temps sur l’attribution des places en crèches, 27% des parents pensent qu’elle privilégie aujourd’hui les familles « favorisées », 19% d’entre eux les familles « défavorisées ». A savoir que 20% des parents qui ont demandé et non pas obtenu de places en crèche estiment que c’est parce qu’ils n’étaient pas en emploi.
Le sondage montre que pour 74% des parents, les crèches doivent accueillir en priorité les enfants dont les deux parents travaillent et pour 57%, ceux dont les parents travaillent en horaires atypiques. Néanmoins près de la moitié des parents interrogés pensent que les crèches devraient aussi privilégier les familles monoparentales (47%) et celles qui rencontrent des difficultés sociales (55%).
Par ailleurs, pour un tiers des parents (et 43% des inactifs), il apparaît primordial que la crèche facilite ou permette l’accès à l’emploi des parents. Ce qu’ils préconisent : des horaires élargis pour les parents qui travaillent en décalé (tôt le matin ou tard le soir), un accueil temporaire - quelques jours par semaine - pour ceux qui travaillent à temps partiel, des places réservées pour les parents en recherche d’emploi ou une possibilité d’accueil ponctuel pour les démarches d’insertion.

De manière générale, 76% des sondés soutiennent cette attention portée aux familles les plus fragiles et estiment que les mesures concernant la petite enfance dans le Plan anti-pauvreté (création de places dans des territoires ciblés, bonus « mixité »…) sont nécessaires. Et près de la moitié jugent ces mesures encore insuffisantes.

Source : Apprentis d'Auteuil


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Article rédigé par : A.B.B.
Publié le 15 février 2019
Mis à jour le 15 février 2019