Titre professionnel de niveau 4 : « c’est un texte administratif vide de sens », dénonce le SNPPE
Le SNPPE dénonce la méthode et le contenu du projet de révision du titre professionnel Intervenant éducatif petite enfance (IEPE), présenté ce 6 octobre 2025 par la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP). Le syndicat alerte une nouvelle fois sur une réforme menée dans l’urgence, sans réelle concertation, et en contradiction avec les travaux du Comité de filière Petite Enfance.
Le SNPPE exprime sa colère après la réunion d’information organisée par la DGEFP autour de l’évolution du titre professionnel Intervenant éducatif petite enfance (IEPE), de niveau IV. « Sous couvert de “vision synoptique arbitrée”, l’administration a présenté un texte écrit dans l’urgence, hors sol, et en contradiction frontale avec les travaux menés par le Comité de filière Petite Enfance.», alerte le syndicat dans un communiqué. Il déplore une nouvelle fois l’exclusion des professionnels du terrain, pourtant premiers concernés par cette évolution.
Une concertation « vidée de tout sens »
Le SNPPE fustige une concertation purement formelle, où les organisations n’auraient pas eu la possibilité de poser toutes leurs questions. Le calendrier présenté par la DGEFP est jugé « indécent » : « Cinq jours pour réagir, neuf pour délibérer.»
- 20 août : première version « aboutie » (V8) ;
- 22 septembre : arbitrage final (V9) ;
- 22 octobre : envoi du projet pour remarques ;
- 27 octobre : transmission à la CPC ;
- 5 novembre : avis de la CPC.
Pour le SNPPE, ces délais sont « inacceptables » et illustrent une dérive technocratique où les décisions sont prises sans débat ni transparence.
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Un référentiel sans cohérence
Le syndicat pointe également l’absence de logique dans le nouveau cadre d’ingénierie, qui « traduit en réalité un effacement progressif de la dimension éducative et relationnelle du métier, au profit d’une approche strictement procédurale et normative. » Pour le SNPPE, « ce n’est pas un référentiel de compétences, c’est un texte administratif vide de sens ».
Des formations au rabais
Le syndicat rappelle que les 1 400 heures prévues pour ce titre sont inférieures aux 1 520 heures du diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture (DEAP), qui comprend des apprentissages cliniques essentiels. Pour le SNPPE, réduire la durée de formation revient à « réduire les exigences professionnelles », « affaiblir la qualité éducative » et « nier l’accompagnement des enfants dans leur bien-être physique et leur santé ». Il craint également un effacement de la place des auxiliaires de puériculture qui reviendrait à « nier des décennies de savoir-faire au service du collectif.»
Un cadeau au privé ?
Le SNPPE interprète cette accélération administrative comme une réponse aux attentes du patronat du secteur lucratif, notamment la Fédération des entreprises de services à la personne (FESP). Il dénonce « une instrumentalisation du travail d’ingénierie » pour adapter la formation aux besoins économiques, au détriment de la qualité de l’accueil. « Nous refusons que la petite enfance devienne un terrain d’expérimentation pour politiques opportunistes et réformes express », affirme le syndicat.
Un appel à un vrai dialogue
Le SNPPE réaffirme sa volonté de défendre la pluridisciplinarité des métiers de la petite enfance. Il se bat pour que le DEAP ne soit pas écarté de l’accueil du jeune enfant et réclame l’ouverture d’une réingénierie du diplôme, en lien avec les besoins du terrain. Le syndicat demande également une révision du CAP AEPE afin qu’il gagne en exigence et en compétences. Et il exige la suspension de la procédure de validation du titre IEPE tant que les représentants du secteur ne seront pas réellement associés. Enfin, le syndicat appelle à la responsabilité : « La qualité d’accueil des jeunes enfants ne se décrète pas dans les bureaux de la DGEFP. Elle se construit chaque jour par des professionnel·le·s formés, engagés et reconnus. »
Pièce jointe :
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Candice Satara
PUBLIÉ LE 06 octobre 2025