Unicef : 6 enfants sur 10 de moins de 5 ans dans le monde subissent régulièrement des violences
De nouvelles données alarmantes publiées par l’UNICEF révèlent que près de 400 millions d’enfants dans le monde sont régulièrement soumis à des sanctions disciplinaires violentes à la maison. Cette situation met en lumière non seulement les agressions physiques et psychologiques subies par les enfants, mais aussi le manque de stimulation et d’interaction positive avec leurs parents et les personnes qui s’occupent d’eux, alors que c’est pourtant essentiel pour leur développement.
Violences et négligences à l’encontre des enfants
Selon les estimations de l’UNICEF, environ 6 enfants sur 10 de moins de 5 ans subissent des agressions psychologiques ou physiques à domicile, avec 330 millions d’entre eux étant physiquement punis. Cette violence, combinée à un manque de jeu et d’interaction, nuit gravement à l’estime de soi et au développement des enfants. Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF, souligne l’importance d’une approche parentale attentive et ludique pour favoriser la sécurité, l’apprentissage et le développement des compétences des enfants. Malgré des progrès législatifs dans certains pays, il reste encore beaucoup à faire pour protéger les enfants des châtiments physiques et améliorer les pratiques de soins à domicile.
L’importance du jeu et des interactions positives
Les résultats de l’étude mettent en évidence les disparités dans les pratiques de soins et l’accès au jeu, des éléments cruciaux pour le développement cognitif, social et émotionnel des enfants. Près de 4 enfants sur 10 âgés de 2 à 4 ans ne reçoivent pas une stimulation suffisante, et environ 1 enfant sur 10 est privé d’activités essentielles telles que la lecture ou le dessin. Les programmes de formation parentale se sont révélés efficaces pour améliorer la qualité des soins, réduire la violence familiale et soutenir la santé mentale des enfants et des parents. L’UNICEF appelle les gouvernements à renforcer les cadres juridiques, à soutenir les programmes d’éducation parentale positive et à étendre l’accès aux espaces de jeu et d’apprentissage pour garantir un environnement sûr et aimant à chaque enfant. Aujourd’hui, 11 juin 2024, l’UNICEF et ses partenaires célèbrent la première Journée Internationale du Jeu (IDOP) au siège de l’ONU à New York. L’IDOP met en avant l’importance du jeu pour le développement cognitif, social, émotionnel et physique des enfants, tout en soulignant les obstacles qui empêchent les enfants de jouer, tels que les pratiques inadéquates, les handicaps, la discrimination de genre, les conflits et la pauvreté.
Ces données sur la violence sur enfants proviennent d’un ensemble de 100 pays couvrant 52 % de la population mondiale des enfants de moins de 5 ans, avec des données collectées entre 2010 et 2023. Les attitudes envers les châtiments corporels ont été évaluées dans 93 pays, représentant environ 50 % de la population féminine mondiale âgée de 15 à 49 ans. Les estimations relatives aux soins et à la disponibilité des jouets proviennent de 85 pays, couvrant 57 % des enfants de 2 à 4 ans et 56 % des enfants de moins de 5 ans. Ces données illustrent les disparités mondiales et les défis à relever pour améliorer les pratiques de soins et promouvoir le jeu comme un droit fondamental de chaque enfant.
Source : www.unicef.fr
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 11 juin 2024
MIS À JOUR LE 13 juin 2024