Pauline, assistante maternelle : « j’attends qu’on me dise qu’on va enfin me déposer les enfants »

Pauline a 32 ans et, après une dizaine d’années comme aide-soignante, s’est reconvertie il y a un an comme assistante maternelle en Franche-Comté (25). Cette maman de trois enfants qui avait du mal à concilier les gardes à l’hôpital et la vie de famille a fait le choix de se tourner vers un métier qui l’a toujours attiré : celui d’assistante maternelle. Avec un agrément pour 4 enfants, dont l’une des places est occupée par son petit garçon, Pauline accueillait depuis plusieurs mois trois enfants chaque semaine. Mais le confinement est venu bouleverser sa reconversion et surtout sa relation avec ses parents-employeurs.
 
Souhaiter maintenir l’accueil vaille que vaille
Pauline le précise d'emblée : « personnellement, je n’ai jamais voulu arrêter d’accueillir les enfants ». Et d’ailleurs, à l’annonce du confinement, elle a immédiatement prévenu ses parents-employeurs qu’elle instaurerait des gestes barrières mais souhaitait maintenir l’accueil. « J’accueille une petite de 18 mois et deux enfants de 4 et 7 ans. J’ai choisi de poursuivre l’accueil mais leurs parents respectifs ont tous été mis en télétravail » raconte Pauline. Compréhensive, elle n’hésite alors pas à leur préciser qu’elle est à leur disposition s’ils doivent finalement retourner au travail.

Un confinement perturbant
Si les parents des deux plus grands maintiennent un contact régulier avec Pauline, ceux de la plus petite instaure un climat désagréable : « A chaque fois que je prenais des nouvelles de la petite, ses parents me parlaient de mon salaire. Ils ont fait le choix de ne pas maintenir ma paie  alors qu’il me semble qu’ils n’ont eu aucune perte financière. Surtout qu’il était recommandé par solidarité de maintenir les salaires des assistantes maternelles dans la mesure du possible … » s’agace Pauline. Heureusement, les parents des deux plus grands ont tenu à maintenir son salaire durant le confinement, ce dont Pauline leur est reconnaissante.
« J’ai pris mon mal en patience, c’était compliqué financièrement en mars et en avril mais les parents de la plus jeune m’avaient bien précisé qu’à partir de mai je devrai accueillir ponctuellement la petite. Cependant, arrivée au 11 mai, je n’ai eu aucune nouvelle d’eux malgré mes relances… » se désole Pauline.
Quant aux deux plus grands, les parents lui ont annoncé qu’ils n’avaient pas besoin qu’elle reprenne l’accueil car leur télétravail était maintenu. Pour Pauline, c’est le drame, surtout que les enfants lui manquent beaucoup : « J’attends qu’on me dise que l’on va enfin me déposer les enfants ».

Un futur opaque
Finalement, les parents-employeurs de Pauline lui annoncent contre toute attente qu’ils souhaitent prolonger le chômage partiel jusqu’au 31 mai minimum. Pauline tombe des nues : « J’étais outrée, déjà car ils ne me disaient jamais en début de mois si j’allais continuer à être au chômage partiel, je l’apprenais à chaque fois au moment de ma paye ! Mais ils s’étaient engagés à me déposer la petite en mai et ils n’ont pas tenu parole … ».

Inquiète, Pauline se demande ce que vont donner financièrement les prochains mois. Mais au-delà de l’aspect pécuniaire, Pauline est moralement très affectée. « Je me suis toujours investie dans mon boulot et je suis très arrangeante, c’est psychologiquement que je le vis mal. C’est très dur d’être délaissée de la sorte. Surtout que j’avais réaménagé toute ma maison pour les enfants et j’attendais leur retour pour leur faire découvrir le nouvel espace … »

Malheureusement contrainte, Pauline a finalement choisi de réactiver ses annonces de recherche de contrats, ce qu’elle rechignait initialement à faire : « Je n’avais pas envie de le faire, mais je n’ai hélas pas le choix. Je ne sais même pas si je vais à nouveau ré-accueillir les enfants. J’ai demandé à être prévenue au moins quelques jours à l’avance si les parents souhaitent reprendre l’accueil pour que je puisse sécuriser à nouveau toute la maison. Mais pour les parents de la plus jeune, c’est silence radio excepté pour parler argent… »
 
Article rédigé par : Nora Bussigny
Publié le 02 juin 2020
Mis à jour le 04 juin 2020
C’est exactement ce qui m’est arrivée. Tous enseignants sans perte de salaire d’après leur dire. Ils m’ont tous versé les 80% sinon il était hors de question qu’ils me payent dixit les paroles de deux parents sur trois. Le 11 mai la petite dont les parents ne m’ont pas fait de réflexion et revenu les deux autres on continué avec les 80%. Lundi quand j’ai vu que les 80% était prolongé je leur ai téléphoné en expliquant que ça ne pouvait pas continuer. Ils m’ont donc envoyé ma lettre de licenciement. A cause de cet épisode qui m’a fait voir le peut de considération qu’on avait pour moi j’ai décidé d’arrêter ce métier .